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Manifestation contre à l'attentat de Benghazi du 12 septembre 2012. REUTERS/Esam Al-Fetori
Manifestation contre à l'attentat de Benghazi du 12 septembre 2012. REUTERS/Esam Al-Fetori

Allah n’y est pour rien!

Le film blasphématoire à l’égard du Prophète est sans doute bien plus qu'une maladresse. Il a de toute évidence des fins politiques et pourrait peser sur l'issue de la présidentielle américaine.

Un film blasphématoire à l’égard du Prophète —ridiculement mauvais, soit dit en passant— un pseudo-réalisateur israélo-américain et pour boucler la boucle, une projection en ligne un 11-Septembre…

Un cocktail forcément explosif. Ça n’a malheureusement pas raté, cette fois encore.

L’ambassadeur américain J. Christopher Stevens a été abattu, en compagnie de trois autres membres de la mission américaine, dans une violente attaque à la roquette contre le consulat américain à Benghazi.

Les auteurs? Les  fous d’Allah. Il est triste de voir ces intégristes répondre aussi sauvagement par un réflexe  pavlovien à une provocation minable d’un Sam imbécile (Bacile) qui est au cinéma ce qu’est Ayman Al Zawahiri à la paix.

Par leur forfait absolument inexcusable et injustifiable, ils ont fait plus de mal à l’islam et aux musulmans qu’ils croient avoir fait à leur cible privilégiée.

Le monde a découvert, le 12 septembre, l’horreur à Benghazi; la ville emblématique d’où était partie la reconquête de la citoyenneté libyenne, il y a tout juste moins de deux ans.

Ironie du sort. Le diplomate américain a été tué par ceux-là même qu’il aidait à se débarrasser de Kadhafi. Désormais, les thowar, les révolutionnaires (pas tous évidemment) d’hier ont changé leur fusil d’épaule.

Aussitôt le fantôme Kadhafi disparu, grâce à la puissance de feu de leurs ex-alliés américains, ils sont passés à leur plan B qui consiste à faire une OPA sur la Libye libérée. 

Quitte à faire revenir les chasseurs bombardiers et les marines sur la terre de Omar El Mokhtar. Un escadron des forces spéciales américaines est déjà à pied d’œuvre en Libye pour faire le nettoyage, et plus si affinités…

Le meurtre des diplomates américains est donc une bien mauvaise nouvelle pour la Libye et pour les pays musulmans. L’apprenti réalisateur israélo-américain aura réussi son coup.

Des sociétés où les nerfs sont à fleur de peau

Il a dégoupillé sa grenade en Californie et savait qu’elle allait exploser quelque part dans un pays musulman. C’est, hélas, une certitude quasi-mathématique dans une sphère géographique et géopolitique où la religion reste le seul ressort des sociétés, et où les nerfs sont à fleur de peau.

Les régimes en place installés et soutenus assez souvent par les anciens colonisateurs ont tellement bridé les peuples que la coupe est devenue trop pleine.

Il suffit d’un dessin de presse, d’un film ou même d’une petite déclaration attentatoire à la morale islamique, pour voir ces cohortes de barbus enragés jouer les redresseurs des torts.

Ils répondent à la bêtise par la bêtise. Ce qui s’est passé à Benghazi n’est que la dernière séquence d’un film d’horreur qui connaîtra, à n’en point douter, une suite sans fin…

Il y eut les fumeux vers sataniques de Salman Rushdie en 1988, puis les scandaleuses caricatures du journal danois, l’autodafé du Coran du tristement célèbre Terry Jones et «charia hebdo» de Charlie Hebdo.  

Le film L’innocence des musulmans, de l’innommable agent immobilier de Californie, n’est donc pas aussi innocent que cela. Lui-même avoue que son «truc» «n’est pas religieux mais politique».

En effet, il n'est pas besoin de sortir de Harvard pour comprendre le message subliminal envoyé en ce 11 septembre, promis à être une journée normale.

Le message a été reçu cinq sur cinq par le candidat républicain Mitt Romney. Une planche de salut pour espérer rependre la croisade contre «l’axe du mal» cher à Bush. Une orchestration machiavélique? Peut-être.  

Hassan Moali

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Hassan Moali. Journaliste à El Watan.

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