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RDC - Pour les recrues du M23, c'est rester ou mourir

Quand on entre, souvent de force, dans les rangs des combattants du M23 en République démocratique du Congo, c'est pour la vie.

Et qui prend la fuite embrasse la mort, rapporte Radio Okapi. Des témoins ont d’ailleurs affirmé à l’organisation Human Rights Watch (HRW) qu’au moins 33 nouvelles recrues et d’autres combattants du M23 avaient été sommairement exécutées, alors qu’ils essayaient de s’échapper.

Certains avaient été ligotés et abattus devant les autres recrues à titre d’avertissement.

 « Quand nous étions avec le M23, ils nous ont dit [que nous avions le choix] entre rester avec eux ou mourir. Beaucoup ont tenté de s’enfuir. Certains ont été retrouvés et pour eux, cela a été la mort immédiate», révèle une des jeunes recrues à HRW.

La chercheuse de Human Rights Watch, Ida Sawyer, a dénoncé ces crimes dans un entretien téléphonique accordé à Radio Okapi:

 «Les rebelles du M23 sont responsables de crimes de guerre commis à grande échelle en complicité avec certaines autorités rwandaises en raison de l’appui militaire continu qu’elles apportent aux forces de M23. Au moins six cents personnes étaient recrutées par force ou par ruse au Rwanda pour joindre le M23 et les recrutements ont continué, jusqu’au mois d’août. Il y a aussi des officiers rwandais qui sont au Congo avec le M23 en train de former des nouvelles recrues dans les centres d’entrainement

Les chefs du M23 nient que leurs troupes ou eux-mêmes aient commis ces crimes. Dans un entretien datant du 8 août avec Human Rights Watch, le colonel Makenga, leader du M23, a démenti les allégations de recrutements de force et d’exécutions sommaires.

 «Nous recrutons nos frères, pas par la force mais parce qu’ils veulent aider leurs grands frères... C’est leur décision», a-t-il dit. Ce sont nos petits frères, donc nous ne pouvons pas les tuer. »

Il a qualifié les nombreuses informations concernant le recrutement forcé par ses troupes de propagande du gouvernement congolais. Les responsables du M23 invitent Human Rights Watch à se rendre sur terrain pour mener ses enquêtes. 

Lu sur Radio Okapi, BBC, HRW

 

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