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Tunisie - Le président Marzouki scandalisé par la France

Dans une interview accordée au Figaro le 9 septembre, le président tunisien Moncef Marzouki s’est dit scandalisé de l’image que donne la France de son pays.

«J’aime la France, mais je suis accablé, scandalisé, blessé, indigné par l’image qu’on y donne de la Tunisie, à savoir un pays qui va basculer dans l’escarcelle de l’islamisme», a-t-il déclaré.

Dans le Figaro, le président tunisien revient notamment sur l’attaque d’un élu français en vacances à Bizerte, qui a, selon lui, déclenché un branle-bas de combat médiatique. Pour Moncef Marzouki, si l’acte est bien entendu condamnable, il n’en reste pas moins isolé.

Concernant le projet d’article 28 de la future Constitution, qui pourrait consacrer le principe de complémentarité et non d’égalité des sexes, Marzouki répond:

«Disons que c'est une maladresse. Je l'ai dit aux gens d'Ennahda, et je crois qu'ils n'en sont pas très fiers.»

Idem pour le saccage de l’exposition d’art à la Marsa, ou encore les atteintes à la liberté d’expression dénoncées par les médias.

Selon lui, la montée de l’islamisme en Tunisie ne serait portée que par une infime frange d’extrême droite salafiste au sein du gouvernement Ennahda avec lequel il partage le pouvoir.

Il concède néanmoins au journal la virulence du débat politique, qu’il est, en tant que président, amené à arbitrer :

«Nous devons créer un nouveau système politique, un nouveau système d’informations, un nouveau système de valeurs, et chacun tente de donner à ces nouveaux systèmes les configurations qui l’arrangent.»

Le président tunisien a également tenu à rappeler, par l’intermédiaire du Figaro, que le parti Ennahda doit selon lui être simplement considéré comme «l’équivalent islamiste de la démocratie chrétienne».

Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche le 17 décembre 2011, le président tunisien, alors fraîchement élu, avait déjà fustigé ce qu’il avait qualifié de «condescendance française» vis-à-vis du monde arabe :

«J’ai très peu apprécié les considérations culturalistes, pour ne pas dire racistes, formulées à Paris par certains. (…) Je constate que les Français sont ceux qui comprennent le moins le monde arabe, alors que cela devrait être le contraire. Les Français sont prisonniers d’une doxa au sujet de l’Islam», avait-il alors déclaré.

Lu sur Le Figaro, Le JDD

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