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Maroc - La mosquée de France qui devient la propriété de Mohammed VI

La Grande Mosquée Mohammed VI de Saint-Etienne, inaugurée le 19 juin dernier, est officiellement devenue la propriété de l’Etat marocain, au même titre que les mosquées présentes sur son territoire.

L’association du centre socioculturel marocain de la ville, dans l’impossibilité de continuer à en assurer la gestion financière, vient d’entériner cette décision lors de son assemblée générale, rapporte Le Progrès le 7 septembre.

Le lieu de culte sera dorénavant placé sous l’autorité et la gestion du ministère des Affaires islamiques du Maroc. Le recteur de la mosquée, qui évalue ses frais de fonctionnement à environ 500.000 euros annuels, a déclaré au journal:

«Si cette solution n’avait pas été trouvée, nous aurions été dans l’impossibilité de faire fonctionner la mosquée.»

Interrogé par Le Progrès, Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon, a exprimé son malaise:

«La mosquée de Saint-Etienne va devenir une enclave étrangère sur le territoire français.»

Il s’interroge notamment sur le futur fonctionnement et le statut juridique de la nouvelle mosquée de Saint-Etienne.

Et ce dignitaire religieux d'origine algérienne de rappeler:

«Il faut penser à tous les fidèles qui ont donné de l’argent pour l’édification de cette mosquée. Peut-être des Algériens, peut-être des Turcs, à qui on dit aujourd’hui que le principal lieu de culte musulman du département de la Loire appartient au Maroc…»

Yabiladi révèle en effet que les fidèles d'origine algérienne semblent eux aussi peu satisfaits de la décision. Leurs dons avaient en effet très largement contribué aux 8 millions nécessaires pour la construction de l’édifice. Le site rappelle que Mohammed VI avait quant à lui financé la mosquée à hauteur de 5 millions d’euros.

Selon le site internet Yabiladi, Au banc des mécontents à Saint-Etienne, on retrouve également le groupe stéphanois d’opposition de droite, composé d’élus UMP et radicaux qui expliquent:

«Nous avons besoin de construire un Islam de France et non un Islam en France, il est donc indispensable de clarifier cette situation afin de comprendre l’étendue exacte des prérogatives accordées au royaume du Maroc.»

Lu sur Le Progrès Yabiladi

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