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Au Zimbabwe, les miraculés du cyclone

Son visage tuméfié et son regard ahuri en témoignent. Praise Chipore revient de l'enfer. En pleine nuit, "ma maison a été emportée par les eaux, j'ai été engloutie", raconte cette Zimbabwéenne qui a miraculeusement survécu. Elle est toujours sans nouvelle de sa fille qui dormait à ses côtés.

Le domicile de Praise Chipore, 31 ans, n'a pas résisté au cyclone Idai qui a balayé dans la nuit du 15 au 16 mars l'est du Zimbabwe, faisant au moins 98 morts dans cette région.

Dans l'hôpital de la petite ville de Chimanimani, lovée entre de majestueuses montagnes, les blessés du cyclone s'entassent dans une salle-dortoir.

Allongé sur un lit en fer blanc, Tapiwa Chanyawo compte sur les doigts de la main le nombre de proches qu'il a perdus.

"Ma mère, mon père, mes deux jeunes soeurs - celle qui venait juste d'acheter des condiments et celle qui a un enfant - sont morts", explique-t-il à l'AFP.

Idai a d'abord frappé le Mozambique le 14 mars avant de s'abattre sur le Zimbabwe voisin 24 heures plus tard, faisant au total au moins 182 morts dans les deux pays.

Mais le bilan va très probablement s'alourdir. Il pourrait dépasser les 1.000 morts, selon Maputo. Au Zimbabwe, au moins 217 personnes sont encore portées disparues.

"Je ne sais pas où ma fille est enterrée sous les gravats", confie Jane Chitsuro, 42 ans, le crâne enveloppé dans une longue compresse de gaze.

"Il n'y a plus de maison, plus de meubles, plus rien pour s'habiller. Juste des briques cassées et des rochers", constate-t-elle abasourdie.

Dans son quartier de Ngangu, à Chimanimani, plus d'une centaine de maisons ont été rasées par les vents, les pluies et les rochers charriés. Sur la route, des voitures sont enchevêtrées dans un amas de pierres.

Trois personnes, dont deux élèves, ont été tués dans une école de la ville, écrasée par la chute de rochers.

- Cercueils de fortune -

Non loin de l'hôpital, une armée d'hommes et de femmes piochent frénétiquement un sol humide à la terre ocre. Ils creusent des tombes.

Un tracteur fait des allers et retours avec dans sa remorque des cercueils fabriqués à la hâte, avec des planches fraîchement coupées.

Rapidement, les tombes se remplissent.

"On a l'impression d'avoir affaire aux conséquences d'une guerre à grande échelle", a déclaré lundi le ministre de la Défense par intérim, Perrance Shiri.

Plusieurs ponts ont été détruits. Des pans entiers de route se sont effondrés. Des hommes tentent, à l'aide de bâtons, de traverser une rivière en furie près de Chimanimani.

Le pays n'a jamais connu de "destructions d'infrastructures d'une telle ampleur", selon le ministre des Transports Joel Biggie Matiza.

Derrière un camion militaire, des dizaines de personnes font patiemment la queue pour une distribution de nourriture.

Parmi elles, Tafadzwa Woyo, les cheveux enveloppés dans un tissu bleu et blanc. "Mon beau-père a été tué dans l'effondrement de sa maison. On cherche toujours un de ses enfants. On pense qu'il est bloqué sous les rochers quelque part, explique-t-elle. On a besoin d'aide." 

strs-bed/thm

AFP

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