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L'ONU exhorte Israël à ne pas abandonner les réfugiés africains à ses frontières

Une vingtaine de migrants érythréens ont été bloqués depuis le 28 août à la frontière entre l’Égypte et Israël. «Ce groupe ne doit pas entrer en Israël», a martelé le 5 septembre Eli Yishai, le ministre israélien de l'Intérieur.

Et pourtant le sort de ces réfugiés inquiète l’Organisation des Nations unies (ONU). «Israël (…) ne peut pas simplement fermer la porte», a déclaré WilliamTall, un envoyé du Haut commissariat de Nations unies pour les réfugiés (HCR), dans le quotidien israélien Haaretz.

«Il serait très irresponsable de repousser les migrants vers l'Egypte, où ils pourraient tomber aux mains de trafiquants», a-t-il ajouté en évoquant des cas établis de viols et de torture. Des sources crédibles au Caire ont d’ailleurs confirmé à Human Rights Watch, une augmentation depuis deux ans des cas d'enlèvements, de viols et du trafic des êtres humains.

Pour William Tall, Israël viole la Convention de l’ONU relative au statut des réfugiés.

Sourd aux protestations, Israël revendique sa souveraineté et sa liberté de décider qui peut pénétrer ou non sur son sol. 

«Nous agissons dans le respect de la loi. Ils sont venus là en sachant très bien qu'ils ne pourraient pas passer», a d'ailleurs expliqué Eli Yishai.

Les gardes-frontières israéliens ont toutefois été autorisés à fournir de l'eau et des produits alimentaires de base aux migrants bloqués, ainsi qu'une assistance médicale si nécessaire.

Finalement, trois personnes érythréennes ont été autorisées en Israël, deux femmes et un jeune de 14 ans. Les 18 autres migrants n'ont pas eu ce privilège, note Haaretz

Mais Israël ne veut plus être une terre d'accueil. La présence sur son territoire de plus de 62.000 immigrants clandestins, dont quelque 35.000 Erythréens entrés par le Sinaï égyptien, a provoqué depuis mai des violences et une polémique. Israël érige actuellement une barrière de 250 km le long de sa frontière avec l'Egypte, qui devrait être achevé d'ici la fin de l'année. 

Lu sur HaaretzHuman Rights WatchBBC 

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