SlateAfrique

mis à jour le

Egypte - Ces femmes qui sont Frères musulmans

L’arrivée des Frères musulmans au pouvoir pose de nombreuses questions sur la future place des femmes dans la société égyptienne. Nombre d’associations féministes craignent un recul de leurs droits, une normalisation des codes vestimentaires, une séparation plus franche des espaces publics selon les sexes. Ce qui est déjà le cas dans le métro du Caire.

«Vont-ils interdire aux femmes de travailler dans certains domaines? Vont-ils favoriser la ségrégation dans les écoles?», s’interroge le quotidien américain The New York Times.

Osama Abou Salama, professeure de botanique à l’université du Caire et membre des Frères musulmans professe l’idée que l’homme, seul, peut décider. Autrement dit que la femme n’est pas l’égale de l’homme.

«Pouvez-vous, en tant que femme, prendre une décision et faire face aux conséquences de celle-ci?", demande-t-elle à son auditoire.

Un certain nombre de femmes secouent la tête.

«Non. Mais les hommes le peuvent. Et Dieu nous a créé de cette façon parce qu'un navire ne peut pas avoir plus d'un capitaine», ajoute la professeure.

Le quotidien américain rappelle que les valeurs patriarcales et traditionnelles défendues par les Frères musulmans recueillent un soutien populaire dans la société égyptienne. Ce qui explique leur bon score lors des dernières législatives. 

L’anthropologue Hania Sholkamy observe toutefois que les Frères musulmans n’ont aucun intérêt «à priver les femmes de leurs droits ou de limiter leurs libertés»

Malgré tout, les Frères musulmans essaient toutefois d’organiser et de façonner une société, conforme à leurs principes. Notamment via des ateliers de quatre semaines. Le New York Times prend l’exemple de celui surnommé Bride and Groom against Satan [mari et femme contre satan] parrainé par Family House, financé par un Frère musulman.

«Parmi ses nombreuses activités, Family House offre un soutien financier aux ménages en difficulté et parraine des mariages collectifs pour les couples à faible revenu», précise le New York Times.

«Façonner une personne juste conduit à façonner une famille juste et en formant une famille juste, vous obtenez une société juste qui peut choisir un chef juste», affirme l’une des coordinatrices.

Pour Omaima Kamel, professeur de médecine à l’Université et membre des Frères musulmans, le travail d’une femme ne doit pas mettre en péril sa vie de famille et la stabilité de ses enfants.

Lu sur The New York Times

A lire aussi

Egypte - Les Frères musulmans ont aussi des Sœurs

Egypte: L'islamiste, Mohammed Morsi

Egypte - Nouvelle chaîne 100% femmes en niquab

Naglaa ali Mahmoud, l'anti-first lady égyptienne

Les conseillers du président sont-ils politiquement corrects?