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Abdallah Senoussi, l'ex-chef espion de Kadhafi face aux Libyens (VIDEO)

Retour à la case départ pour Abdallah Senoussi. L’ex-chef des services de renseignement du régime de Mouammar Kadhafi, tué en 2011, a été extradé par la Mauritanie et remis le 5 septembre 2012 à la Libye où il a été incarcéré.

«Il a été extradé en Libye sur la base des garanties fournies par les autorités libyennes», avait confirmé une source gouvernementale cité par The Guardian.

Sur une vidéo amateur, on le voit descendre d'un hélicoptère en compagnie du chef d'état-major Youssef al-Mangouch. «Abdallah Senoussi est en bonne santé», a déclaré ce dernier, sur fond de cris des membres de services de sécurité: «le sang des martyrs n'a pas été versé en vain».

 L’homme âgé de 62 ans, était plus qu'un proche conseiller de l’ancien «Guide de la révolution» libyenne. Il faisait d’ailleurs partie intégrante de son clan familial: il était son beau-frère. Abdallah Senoussi a soutenu le Guide jusqu'au bout. Leurs chemins se sont séparés le 21 août 2011, peu après la chute de Tripoli. Alors que Mouammar Kadhafi s’évadait vers Syrte, Abdallah Senoussi s'enfuyait, lui, vers Bani Walid afin de retrouver sa tribu, les Magarha.

Il a été la cheville ouvrière de la violente répression du début des années 1980, du massacre des prisonniers mutinés d'Abou Salim en 1996 (1.200 morts), selon Le Monde. C'est également lui qui aurait recruté l'auteur de l'attentat contre le vol de la PanAm à Lockerbie, en 1988 faisant 270 morts. Lui encore qui aurait monté une tentative d'assassinat contre le roi Abdallah d'Arabie saoudite. Et lui enfin que la justice française a condamné en 1999 par contumace à la prison à vie pour l’attentat du 19 septembre 1989 de l’avion DC-10 d’UTA. L’attentat avait fait 170 victimes.

Recherché par la Cour pénale internationale (CPI), Abdallah Senoussi avait réussi à entrer en Mauritanie avec un passeport malien sous une fausse identité. C’est là que son périple pris fin. Il fut placé en garde à vue avant d’être inculpé le 21 mai de «falsification de document de voyage» et entrée illégale dans le pays. Il était détenu depuis à Nouakchott.

Le nouveau régime libyen souhaite juger sur son territoire les anciens responsables du régime Kadhafi. Mais «le mandat d'arrêt de la CPI pour al-Senoussi est toujours en vigueur et la Libye a l'obligation de le remettre sans délai à La Haye», a estimé Amnesty International, qui met en garde contre un «procès inéquitable en Libye».

Lu sur The Guardian, Challenges

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