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Mali - Le Nord occupé fait sa rentrée des classes

Tout comme leurs camarades du sud du Mali, les élèves de Gao, ville du ord occupé, ont retrouvé le chemin de l’école le 3 septembre.

Le principal objectif étant, selon France 24, de rattraper le temps perdu depuis que la région est passée sous contrôle de groupes armés islamistes vers avril 2012.

Priorité sera donc donnée au rattrapage des examens qui auraient dû avoir lieu au mois de juillet, et finalement reportés au mois d’octobre.D’après le site, qui a pu recueillir les propos du président de la commission Education mise en place à l’initiative de la société civile de Gao, les islamistes n’auraient jamais mis les pieds dans l’école de la ville depuis leur arrivée.

«La seule chose qu’ils exigent de nous, c’est que les filles et les garçons ne soient pas assis côte à côte. Ils veulent des rangées de filles d’un côté, et des rangées de garçons de l’autre, voire des classes séparées si cela nous est possible matériellement», rapporte à France 24 le président de cette commission.

Et d’ajouter:

«Les islamistes ne sont pas sécessionnistes donc ils n’imposeront pas de programmes pédagogiques différents de ceux du Sud.»

Pourtant, le Journal du Mali fait quand à lui état de multiples exigences de la part des islamistes: obligation pour tous les enseignants d’être musulmans, et du même sexe que leurs élèves, et suppression de certaines matières comme la philosophie, jugée contraire aux préceptes de la charia.

Selon France 24, le président de la commission Education de Gao rendrait également compte de la motivation qu’il a pu observer chez les jeunes face à cette rentrée scolaire. S’ils arrivent au compte-gouttes, 192 élèves étaient néanmoins présents lors de la rentrée, et après quelques jours, seuls les Touaregs semblent manquer à l’appel.

Selon lui, c’est l’éducation qui permet à l’Etat malien de continuer à être représenté au nord du pays.

Plus critique, le Journal du Mali revient sur les répercussions inquiétantes de la prise de pouvoir par les islamistes sur la scolarité des jeunes déplacés du nord, jusqu’ici laissés pour compte.

Et de conclure qu’au camp de Niamana, qui accueille actuellement une cinquantaine de réfugiés, la question de la survie inquiète davantage que celle de la scolarité.

Lu sur France 24 Le Journal du Mali

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