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L'Afrique, un continent de vieux dans 40 ans?

Avec seulement 5.5% de plus de 60 ans, l’Afrique est le continent au monde qui compte le moins de personnes âgées. Le processus de vieillissement de la population a pourtant déjà démarré, et pourrait progresser très rapidement.

C’est ce qu’indique un récent rapport de l’Institut national d’études démographique (INED), qui fait état des probables futures évolutions de la pyramide des âges, et des nouveaux défis que l’Afrique devra alors relever.  

Selon ce rapport, la part de la population âgée de plus de 60 ans pourrait être amenée à doubler d’ici à 2050. Elle s’échelonnerait alors de moins de 5% dans des pays comme le Niger ou la Zambie, à près de 30% en Tunisie ou à Maurice. Pour parvenir à ces résultats, l’institut s’appuie sur l’actuel recul de l’espérance de vie, associé à la baisse du taux de fécondité.

Le nombre absolu de personnes âgées est d’autant plus révélateur: de 56 millions en 2010, les plus de 60 ans pourraient presque quadrupler à l’horizon 2050. Ils pourraient en effet franchir la barre des 200 millions à l’échelle du continent, progressant ainsi bien plus vite que ce ne fut le cas dans les pays développés.

Reste, selon l’INED, que ce fulgurant développement pourrait bien vite se révéler problématique. Actuellement, moins de 10% de la population âgée du continent peut prétendre à une pension de retraite. Le rapport ajoute que des disparités importantes peuvent d’ailleurs être constatées sur ce point, en fonction des pays, des zones urbaines ou rurales, des classes sociales,  ou encore du sexe.

Lorsqu’ils ne sont plus en âge de travailler, les «vieux» ne peuvent ainsi compter que sur la solidarité familiale. Mais l’INED s’interroge: qu’adviendra-t-il lorsque ceux-ci seront quatre fois plus nombreux ?

Selon l’Institut, l’évolution démographique, associée aux transformations des modes de vie à l’œuvre sur le continent, pourraient mettre en péril les solidarités intergénérationnelles constitutives de son contrat social. Ainsi reste-t-il à inventer une complémentarité entre solidarité publique et privée, de façon à préserver la force des liens familiaux, conclue le rapport.

Lu sur l'INED

 

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