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Bissau: marée humaine, posters, klaxons au dernier jour de la campagne

Foules monstres, concert de klaxons, banderoles et posters géants: le dernier jour de la campagne pour les élections législatives de dimanche en Guinée-Bissau était marqué par une exubérance digne du carnaval qui s'est achevé cette semaine dans ce pays lusophone d'Afrique de l'Ouest.

Des militants de la principale formation d'opposition, le Parti pour la rénovation sociale (PRS), sont juchés sur le toit d'un car qui traverse à vive allure une des principales artères d'un quartier de la banlieue de Bissau.

Sur les trottoirs se serrent des milliers de militants, en face d'un terrain de football où doit se tenir un meeting du PRS avec, trônant sur une estrade, l'effigie du fondateur du PRS, le défunt président Kumba Yala (1953-2014). 

Banderoles, posters, effigies de leaders et tee-shirts aux couleurs rouge, bleu et blanc du parti sont omniprésents tout autour de cet espace bordé de maisons en zinc décaties, dans la capitale arborée de ce pays où l'hivernage dure quelques six mois.

"Je soutiens le PRS parce que c'est un parti qui veut travailler pour la Guinée-Bissau contrairement au PAIGC", affirme Augusta Yala, en référence au Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, la formation historique qui a mené le combat pour obtenir l'indépendance de cette ex-colonie portugaise en 1974.

A côté, Zica Albino, un employé des télécoms, prône, "pour vaincre le PAIGC, une union entre le PRS et le Madem"-G15, formé du groupe des 15 députés frondeurs du PAIGC, dont la défection l'a privé de sa majorité de 57 sièges sur 102 à l'Assemblée.

Le scrutin, dans lequel 21 partis s'affrontent à la proportionnelle à un tour, doit contribuer au dénouement de la crise qui a éclaté en août 2015 avec le limogeage par le président José Mario Vaz de son Premier ministre Domingos Simoes Pereira, chef du PAIGC, auquel M. Vaz appartient également.

A quelques centaines de mètres, des militants du Madem sont rassemblés dans les quartiers voisins de Santa Luzia et Pilum, des zones populaires de Bissau. 

D'un long camion sort de la musique pétaradante, au milieu d'une foule de militants qui s'étire jusque dans le centre-ville.

- Meilleurs salaires et travail -

"Nous espérons que le vote sera tranquille et que tous les partis vont accepter les résultats", affirme Augustan Gomes, qui se présente comme enseignant en philosophie dans un lycée de la capitale.

"Le Madem doit venir au pouvoir pour que nous ayons de meilleures choses dans la santé, l'éducation et les infrastructures", dit cet homme qui se veut "réaliste" et se satisferait d'une deuxième place pour sa formation.

Mario Monteiro, logisticien célibataire de 33 ans en stage au port de Bissau, peine à subsister avec 50.000 francs CFA (environ 75 euros) par mois. "J'espère une victoire du Madem pour changer la situation", dit ce jeune homme en baskets, T-shirt et casquette blancs.

Vers le palais présidentiel, un cordon de police s'est formé entre les militants du Madem et ceux du PAIGC qui convergent par milliers vers le stade Alcino Corréa où un meeting est prévu en présence du chef du PAIGC Domingos Simoes Pereira.

Parmi la masse de partisans du PAIGC qui se bousculent pour entrer dans le stade par deux petites portes, Salimata Kandé, sage-femme stagiaire dans un hôpital de Bissau, est rentrée récemment du Maroc à la fin de ses études. 

"Le PAIGC est le parti qui est bon pour l'avenir de la Guinée-Bissau mais il doit nous donner du travail", lance la jeune femme.

A côté, un enfant de 12 ans, Domingos Lamananga, élève en classe de sixième dans un collège de Bissau, qui ne votera pas en raison de son âge, explique que ce sont ses parents l'ont "habillé aux couleurs du PAIGC" mais qu'il aime le parti.

La musique sera au rendez-vous. Kabo Kabum, percussionniste, membre du fameux groupe musical Tabanca Jazz, dit être venu jouer "pour changer la Guinée-Bissau".

AFP

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