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Ces Camerounais qui préfèrent vivre avec les morts

Si les morts ne sont pas morts, comme on dit dans la tradition africaine, certains vivants veulent apparemment garder des liens avec les disparus.

Dans le cimetière de Mokolo,un quartier de Yaoundé, la capitale camerounaise, des familles vivent dans ces lieux réservés aux défunts, sans eau courante ni électricité.

«Le calme du site donne des frissons. Pourtant, au milieu de ces tombes dont on ne sait qui repose en dessous, se dresse une habitation. Une vraie demeure familiale de quatre chambres avec des dépendances», rapporte Cameroon Tribune.

Le choix de ce site pour y vivre intrigue. Mais ces résidents inhabituels rétorquent: pourquoi pas?

Pour eux, le cimetière est un lieu de vie comme tous les autres. Un jeune homme «affirme y vivre depuis 25 ans et n’a pas l’intention de partir. D’après lui, ce sont des personnes qui ont des esprits maléfiques qui craignent ces lieux.

Les plus petits y ont même des aires de jeux:

«Ils s’amusent dans une cour pleine de sépulcres. Certains sont assis dessus. Entre ignorance et naïveté, les petits montent et descendent sur ces tombeaux alors même que certains ont perdu le ciment entreposé au-dessus. Ces tombes servent même à certains endroits comme séchoirs pour les vêtements ou pour la nourriture».

Des voix s’élèvent tout de même pour demander aux vivants des cimetières de quitter ce lieu, parce qu’il est difficile de concevoir que des gens vivent au-dessus des corps en décomposition.

Pour l’abbé Guy Serges Owona, vicaire de la paroisse Sacré-Cœur de Mokolo à Yaoundé, «les populations ne devraient pas occuper cet espace. Pas parce qu’il s’y déroule des choses bizarres, mais parce qu’il est interdit sur le plan hygiénique de vivre tout près des tombes», raconte-t-il au site Cameroon Tribune.

Il dit avoir demandé plusieurs fois aux habitants du cimetière de quitter le lieu. Ces derniers refusent de quitter leurs logements qu'ils occupent pourtant illégalement. Ils sont préoccupés par autre chose. L'un d'eux témoigne de la vie dans le cimetière:

«Ce qui nous effraye ici, ce sont les bandits. Pas les fantômes comme certains pourraient l’imaginer. On n’en a jamais vu».

Lu sur Cameroon Tribune

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