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Maroc - Mohammed VI doit-il avoir peur des jeunesses islamistes?

La cérémonie de clôture du premier congrès de la jeunesse du Parti Justice et Développement ( PJD) a dû être annulée samedi 1er septembre. Les autorités marocaines n’ayant pas donné leurs accords pour son organisation. Les raisons: la sécurité et le maintien de l’ordre, selon les propos d’un responsable du ministère de l’Intérieur, recueillis par l’AFP.

Ce premier rassemblement des jeunesses islamistes a-t-il fait peur au Makhzen? Depuis une semaine, au moins 2600 jeunes s’étaient réunis à Tanger, ville choisie pour la tenue de ce congrès.

D’après le site marocain Yabiladi, les débats ont été intenses et n’ont pas épargné le pouvoir royal: 

«Qui gouverne véritablement le Maroc? Qui détient le pouvoir, le vrai pouvoir? Pourquoi ne pas prendre comme exemple l'expérience turque ou égyptienne?» s'est ainsi interrogé à haute voix un jeune islamiste.

«Nous sommes arrivés au gouvernement, mais pas au pouvoir. La preuve: cette cérémonie d'allégeance au roi», a ajouté un autre intervenant islamiste, en référence à la pratique de la Baay'a.

«Nous respectons le roi mais on ne se prosterne que devant Dieu», a lancé un autre participant.

L’interdiction de la cérémonie de clôture sonne donc comme une décision sanction de la part du régime monarchique, qui craignait certainement que le rassemblement se transforme en manifestation contre le roi dans une ville connue pour être un fief des islamistes, précise RFI.

«C'est une humiliation pour notre parti et il ne faut pas rester les bras croisés», a renchéri le député islamiste, Abdelaziz Aftati, auprès de l’AFP.

Lu sur Yabiladi, RFI

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