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Maroc - Le prince Moulay Hicham met de l'eau dans son vin

Habitué à des sorties tonitruantes dans la presse, le cousin germain du roi du Maroc et troisième dans le rang de succession dynastique de la monarchie, a livré le 28 août sur le site du New York Times, une analyse sur la façon dont les monarchies arabes, parmi lesquelles le Maroc, ont réussi à négocier le virage des révolutions arabes.

Seulement, cette analyse est jugée un peu timide par certains observateurs. Ainsi, le site Yabiladi  qui note un «changement de ton», s'interroge:

«Le Prince rouge a-t-il décidé de mettre de l’eau dans son vin?»

Dans sa tribune du New York Times, le prince Moulay Hicham estime que «le Maroc est sur la voie du changement», en expliquant de quelle manière les monarchies arabes ont résisté à la déferlante révolutionnaire.

«La première raison, selon lui, est leur lien étroit avec l’identité nationale. Elles sont le symbole des luttes anti-coloniales que ces pays ont mené par le passé. Moulay Hicham ajoute que les peuples de ces pays sont très attachés à leur monarchie et qu’ils considèrent leurs rois comme des bienfaiteurs dont la mission est d’arbitrer et résoudre les conflits sociaux», fait savoir Yabiladi, en commentant cette tribune de Moulay Hicham.

Pour le site d'information marocain, la sortie du cousin du roi tranche avec ses précédentes sorties médiatiques, notamment lorsqu’il déclarait en janvier dernier au journal espagnol El Pais, au sujet des révoltes arabes que «le Maroc n’est pas encore touché mais il ne faut pas se leurrer sur ce fait: pratiquement tous les systèmes autoritaires vont être atteints par la vague de contestation et le Maroc ne fera probablement pas exception».

Autre élément qui surprend les analystes: Moulay Hicham explique dans sa récente sortie que, à part les monarchies pétrolières du Golfe qui ont acheté la paix sociale grâce à la richesse de leur sous-sol, le Maroc et la Jordanie, dépourvus de cette rente «n’ont pas eu d’autres choix que de libéraliser le système plutôt que de le rendre plus démocratique».

Mais, la lettre spécialisée Maghreb Confidentiel pousse plus loin l’analyse du discours de Moulay Hicham en estimant «qu’il semble vouloir donner quelques gages au Palais (…) se démarquant ainsi de la frange la plus contestataire de l’opposition marocaine».

Ces dernières semaines, le prince était revenu sur la scène médiatique marocaine d’une façon inattendue. Il a porté plainte contre un député de l’USFP, principal parti socialiste, qui l’aurait publiquement accusé de «détournement de fonds».

Un procès à forte charge symbolique qui s’ouvrira à Casablanca le 17 septembre en présence du plaignant.

Lu sur le New York Times, Yabiladi et Maghreb Confidentiel

 

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