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Le football tunisien aux abonnés absents

Le football tunisien ne s’est toujours pas relevé de l'interruption du championnat de Ligue 1 imposé par la Révolution du jasmin. Les supporters tunisiens et amateurs de football n'ont en effet pu suivre que les quatorze premières journées de la compétition, qui en compte 26.

En effet, la reprise du championnat a été reportée à deux reprises. Une première tentative, le 26 janvier, soit un peu moins de deux semaines après la chute du président Zine el-Abidine Ben Ali, fut contrariée par les clubs tunisiens qui exigeaient des garanties en termes de sécurité, rapporte Ahram online.

Le week-end du 12 et 13 mars devait marquer le retour sur le terrain des joueurs tunisiens et la Fédération tunisienne de football prévoyait que les matchs se déroulent à huis-clos. Mais cette condition fut de nouveau rejetée par les clubs qui craignaient d’y perdre beaucoup en termes de revenus, véritable talon d'Achille en ces temps de transition.

C’est que les budgets des clubs tunisiens restent modestes, de 500.000 à 5 millions d’euros, et ont été affectés par les bouleversements politiques. Cette faiblesse frappe même les plus titrés d'entre eux, comme l’Etoile du Sahel, fort de huit victoires et d’une place de second dans le championnat en cours. Son président Hamed Kammoun confie:

«Il nous manque 1 million d'euros, sur un budget de 4,5 millions d'euros, pour finir la saison. Notre financement vient principalement des municipalités, des paris sportifs, de la télévision. Or nous n’avons plus de maire, l’argent des paris n’arrive pas et la télévision nationale ne peut plus payer...

La Belgique vit bien sans gouvernement depuis dix mois, pas nous. Cela dit, si le championnat ne redémarre pas vite, j’ai peur que la saison se termine là.»

Mais les clubs ne sont pas les seuls à souffrir, car leurs difficultés se répercutent sur les joueurs qui s’interrogent sur leur propre sort, notamment face aux retards de salaires impayés. C’est le cas des joueurs du Stade Tunisien qui font la grève des entraînements.

Cité par Barcha Sport, Raouf Guiga, vice-président de la section football du Stade, répond que «le budget ne nous permet plus de régler les salaires des joueurs, mais nous espérons que cela va se décanter après les promesses et l'engagement du Bureau fédéral. Nous comprenons parfaitement l'attitude des joueurs qui ont des familles à entretenir».

D’un autre côté, auréolés en février 2011 d’une victoire lors du Chan (une sorte de Coupe d'Afrique des Nations bis réservée aux joueurs évoluant dans leur pays), les footballeurs tunisiens du cru sont motivés pour la reprise du championnat.

D’après Yacine Bouchaala, attaquant de l’ES Zarzis, «les joueurs sont les premiers à appeler à la reprise du championnat le plus rapidement possible, assure-t-il. Un retour rapide à la compétition est de nature à contribuer à la dynamisation de la vie économique et permettra aux nombreux férus de football, qui s’impatientent, de renouer avec l’ambiance des matchs».

Reste qu'après avoir manifesté devant le ministère de la Jeunesse et des Sports, les joueurs professionnels tunisiens de Ligue 1 et 2 prévoient de se regrouper en syndicat pour promouvoir leurs revendications, dont des questions concernant la couverture sociale, les contrats ou encore les dédommagements en cas de blessures graves, précise Koora.com. Ils se défendent néanmoins de ne penser qu'à l'argent et clament leur soutien à la Révolution du 14 janvier.

Lu sur Afrik.com, Ahram online, Barcha Sport, Koora.com