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Tunisie: deux journaux accusent leur nouveau directeur de censure


Manifestation de journalistes tunisiens contre les atteintes à la liberté de la presse, le 22 août 2012 à Tunis AFP/Archives Fethi Belaid

Les rédactions de deux quotidiens ont accusé jeudi leur nouveau directeur, nommé par le gouvernement tunisien dans des conditions controversées, d'avoir "censuré" ces journaux qui comptaient publier un texte dénonçant la nomination de cette nouvelle direction.

Cette motion, qui devait être publiée en page 3 des quotidiens Essabah (en arabe) et Le Temps (en français), condamnait la nomination de Lotfi Touati par le gouvernement dominé par les islamistes d'Ennahda et annonçait une grève des rédactions le 11 septembre, a indiqué à l'AFP Sana Farhat, journaliste et déléguée syndicale.

Or dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Touati a bloqué l'impression des journaux, fait venir la police devant leur siège où les journalistes manifestaient et fait remplacer la motion par de la publicité sur cette page "noble" qui publie habituellement "les meilleurs articles", a-t-elle ajouté.

"Ca a été censuré", a estimé Mme Farhat, "c'est du harcèlement", a-t-elle poursuivi, "les nouveaux responsables veulent contrôler la ligne éditoriale des journaux", a-t-elle ajouté, accusant le directeur général "de prendre ses ordres" auprès du gouvernement.

Depuis la mi-août, ces deux journaux appartenant à un groupe contrôlé par l'Etat combattent la nomination à la direction générale de M. Touati, jugé trop proche des islamistes au pouvoir.

De nombreux médias publics, notamment des chaînes télévisées et des radios, le Syndicat national des journalistes tunisiens et des ONG locale et internationales ont dénoncé les méthodes du gouvernement en la matière, estimant que les autorités cherchaient à les contrôler.

Le gouvernement affirme pour sa part vouloir "assainir" le secteur des complices du régime du président déchu, Zine el-Abidine Ben Ali.