SlateAfrique

mis à jour le

L'Algérie et sa mosquée à un milliard d'euros

Un milliard d’euros, ce n’est pas rien. Notamment dans un pays où le réseau Internet et bien d’autres services sont «défaillants».

Et pourtant c’est le budget qu’Alger est prête à allouer à la construction de la mosquée d’Alger.

Lancés le 16 août dernier, les travaux suscitent déjà la polémique. Toute la société algérienne n’est pas conquise par ce projet démesuré. Oui, car l’idée est bien de dépasser les limites et les seuils de constructions qui existent.

La nouvelle mosquée d’Alger aura un minaret de 270 m de hauteur avec 25 étages, le plus grand du monde, devant celui de la Grande mosquée Hassan II à Casablanca, long de 210 m. Le tout construit sur 20 hectares dans la région de Mohammadia, face à la baie d'Alger, dans l'est de la capitale.

La salle de prière pourrait selon l’Agence France Presse, accueillir au moins 120.000 fidèles.

Tout homme de pouvoir cherche à laisser une trace de son passage au pouvoir. Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a choisi de se construire la plus grande mosquée du monde.

Sur le site change.org, où il est possible de signer la pétition, on peut lire que l’Algérie pourrait réaliser bien des projets avec 1 milliard de dollars, comme la construction de 100.000 logements ou de dix hôpitaux ultra-modernes.

La pétition s’intitule «Présidence de la République, arrêtez la construction de la nouvelle Grande Mosquée d’Alger»:

 «La construction de la Grande Mosquée d’Alger dont le coût avoisine un milliard d’euros n’est pas une nécessité nationale comme les autres infrastructures et investissements nécessaires», lit-on en dessous du titre.

Cette pétition compte à l’heure actuelle 1.165 signataires.  Pourquoi une telle pétition?

«Parce que le pays souffre de l’absence d’une vraie politique de santé, parce que les jeunes Algériens sont dans le désespoir le plus total, parce que le problème de l’emploi est une plaie dans la société algérienne, parce que d’autres priorités, garantissant l’avenir de nos enfants, sont ignorées et parce que ce bâtiment est une agression architecturale dans le paysage urbain d’Alger la Blanche, nous appelons le chef de l’Etat à surseoir à cette construction et lui demandons de remobiliser la gigantesque somme d’un milliard de dollars sur des projets d’utilité publique.»

Les auteurs de la pétition s’arrêtent sur ce paradoxe: l’Algérie ne manque pas de mosquées, présentes dans tous les quartiers. Le manque est ailleurs: des hôpitaux, des écoles…

Lu sur Change.org, AFP

A lire aussi

Et si Alger se payait la plus grande mosquée du monde...