SlateAfrique

mis à jour le

Cette étonnante grève du sexe des Togolaises

Les Togolais risquent bien d’être privés de relations sexuelles pendant un petit moment. Et pour cause, une action pour le moins inédite vient d’être engagées par leurs femmes et compagnes: une grève du sexe. Rien moins que ça!

Le Collectif sauvons le Togo (CST), qui en est à l’initiative, a appelé les grévistes du sexe à «refuser tout rapport sexuel avec leur partenaire pendant une semaine à partir de lundi, afin d’obtenir la libération des activistes arrêtés durant les récentes manifestations anti-gouvernementales au Togo».

C’est ce que l’on apprend du site d’information de BBC Afrique.

Pour Isabelle Améganvi, vice-présidente de l’Alliance nationale pour le changement, l'un des principaux partis d'opposition du pays, et membre du CST, le sexe est un moyen de pression supplémentaire:

«Nous avons le pouvoir de changer les choses. Nous ne voulons pas rester dans la cuisine, mais nous pouvons avoir notre mot à dire dans la politique. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés alors que nos enfants et nos maris sont maintenus en prison», a-t-elle indiqué à CNN.

Et le choix du sexe n’est pas anodin.

«Les femmes sont les premières victimes de la situation catastrophique que nous vivons au Togo. Raison pour laquelle nous disons à toutes les femmes: une semaine sans sexe. C'est aussi une arme de lutte», a encore ajouté Isabelle Améngavi sur CNN.

Le Collectif sauvons le Togo, constitué de neuf organisations de la société civile togolaise, sept partis d’opposition et mouvements d’opposition, a organisé trois manifestations pour demander l'abrogation de nouvelles dispositions du code électoral avant les élections législatives d’octobre prochain.

Durant ces manifestations, réprimées par les forces de l’ordre, des militants ont été arrêtés. C’est aussi pour obtenir leurs libérations que ces femmes sont en grève.

Il faut souligner que la grève du sexe a déjà été utilisée dans d’autres pays africains.

Isabelle Améganvi du Collectif sauvons le Togo s’en est donc inspirée. En 2003 Ellen Johnson Sirleaf, actuelle présidente du Libéria avait appelé les femmes libériennes à observer une grève du sexe pour faire pression sur les politiques et mettre fin à la guerre qui ravageait son pays.

En 2009, les femmes kényanes ont fait une grève du sexe pour mettre fin aux tiraillements entre les représentants du gouvernement de coalition.

Lu sur BBC Afrique, CNN

A lire aussi :

Togo: On ne peut plus cacher ce qui se passe à Lomé

Faure Gnassingbé, le maillon faible du Togo

Le Togo exhume son passé politique brutal