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Bénin – Le mouvement «Y en a marre» fait-il peur au régime Boni Yayi?

 Depuis que le président Boni Yayi a fait des déclarations polémiques à l’occasion du 52ème anniversaire de l’indépendance du Bénin, le 1er août dernier, la jeunesse béninoise est sortie de sa torpeur. Avec à la clé un meeting géant d’un nouveau mouvement de contestation dénommé «Y en a marre». Son objectif: mettre les dirigeants du pays devant leurs responsabilités face à la crise économique et sociopolitique qui sévit.

En réponse à cette mobilisation des jeunes, le ministre de l’Intérieur, Benoît Degla, n’a pas trouvé mieux qu’un communiqué de presse à travers lequel il sème la psychose:  

«un projet de déstabilisation commandité par des hommes politiques, en relation avec des opérateurs économiques et certains circuits syndicaux, vise à recruter des étrangers pour orchestrer de basse besogne qui sera suivie de grèves perlées pour paralyser tout le pays et le rendre ingouvernable».

Les réactions en cascade ne se sont pas fait attendre. La Nouvelle Tribune cite le mouvement «Y en a marre» qui, dans sa réplique, se défend de toute incitation à l’insurrection en ces mots: «Lassés des comportements de nos dirigeants, une goutte d’eau a fait déborder le vase: l’entretien du chef de l’Etat le 1er août 2012. Ses propos incitant à l’affrontement entre frères Béninois relèvent selon nous du parjure au regard des dispositions de l’article 53 de notre Constitution qui fait, entre autres, obligations au Président à travers son serment d’investiture, de ne se laisser guider que par l’intérêt général, le respect des droits de la personne humaine, la promotion du bien commun, la paix, l’unité nationale…»

Pour l’organisation de la société civile dénommée Centre Africa Obota (Cao) dont Le Matinal se fait l’écho: «Le contenu de la déclaration (ndlr, communiqué du ministre de l’Intérieur) s’il n’est un aveu d’incapacité du gouvernement à faire face à ses fonctions régaliennes, dont celle de prévenir toute menace à la sécurité des biens et des personnes et de protéger les institutions, révèle à tout le moins, une forme de paranoïa qui s’empare des régimes convaincus de gouverner contre les intérêts de leur propre peuple».

Lu sur La Nouvelle Tribune

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