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Quand les Burkinabè boudent la démocratie

Si la IVe République burkinabè vient de fêter ses 21 ans, le nombre d’électeurs aux différents scrutins demeure chétif.

Lors de la dernière présidentielle, le taux de participation a été évalué à 54,9% et seuls 3,2 millions de personnes s’étaient inscrits sur les listes électorales, sur un potentiel de 7 millions d’électeurs.

Le Journal du Jeudi, l’hebdomadaire satirique burkinabè qui fête également ses 21 ans revient, dans sa dernière édition, sur le processus d’élaboration du fichier électoral.

Dans l’article «En attendant le poids du fichier biométrique», le journaliste F. Quophy indique: «depuis le jeudi 16 août dernier, la fièvre de l’enrôlement biométrique s’est estompée. Les agents «enrôleurs» ont rangé leurs fameux matériels dont l’acquisition et le fonctionnement ont fait couler beaucoup d’encre et de salive».

En ligne de mire un scrutin prévu le 2 décembre pour des élections législatives et municipales couplées.

L’opération de recensement des électeurs a été très médiatisée. Comme le souligne l’hebdomadaire satirique «Bon nombre de politiciens et de “bonnets rouges” (les chefs traditionnels) ont profité du soleil de l’enrôlement pour prendre un bain médiatique. Même le Blaiso national est sorti de son sommeil légendaire pour se faire photographier la tronche et enregistrer les empreintes digitales».

Au-delà de l’intérêt politicien des uns et des autres, l’heure est bien aux «supputations sur le nombre d’électeurs potentiels enrôlés, donc sur le poids du futur fichier électoral», car il existe «des peurs légitimes d’aboutir à un fichier bien trop maigre pour les ambitions affichées pour les prochaines élections».

Nombre d’observateurs ont le sentiment que les citoyens ne se sont pas bousculés au portillon.

Dans l’opposition, «certains n’attendront pas le rapport partiel de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) avant d’exiger une prolongation de l’opération».

Mais faut-il à ce point se focaliser sur le poids du fichier électoral? Pour F. Quophy, «Le vrai problème, c’est le poids des projets de société qui sous-tendent les projets politiques. (….) L’essentiel est dans la qualité d’une classe politique dont l’électorat a fini par se lasser».

Lu sur Le Journal du jeudi 

 

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