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Ces cancers qui menacent les marchés d'Abidjan

Que peut-on encore acheter dans les marchés d’Abidjan?

La question se pose depuis que certains produits vendus sur les marchés de la capitale ivoirienne sont récoltés sur des terres contaminées par des déchets toxiques déversés sur le sol ivoirien à plusieurs endroits, en août 2006.

Cette affaire, dite du Probo Koala (du nom du navire ayant débarqué les déchets) avait suscité l’indignation et la révolte des riverains des sites concernés.

Après le flou autour de la question de l’indemnisation des victimes, ce sont maintenant les aliments qui posent problèmes.

«Le maïs braisé ou préparé vendu dans les rues et à tous les carrefours d’Abidjan est donc source de cancer», s’alarme le quotidien ivoirien Le Mandat.

Le journal affirme que bien souvent, les aliments fréquemment consommés par les Ivoiriens tels que la «salade, les concombres, la tomate, l’arachide, le piment... proviennent de ces décharges.»

Si le journaliste qui révèle le problème de santé publique ne va pas jusqu’à dire que toute la production est concernée, il pointe la difficulté d’identifier la provenance des marchandises vendues:

«Sur nos marchés, personne ne peut déterminer le lieu exact de provenance de l’oignon vert ou la tomate exposée sur les étals.»

Manifestement, les déchets toxiques, auraient contaminé la nappe phréatique qui se trouve menacée:

«En 2010, Pr Valy Sidibé, Directeur général de la Recherche Scientifique et de l'Innovation Technologique avait révélé que les épis de maïs issus de ces endroits et destinés à la consommation, contenaient un fort taux de plomb, un métal lourd qui agit sur l'organisme humain», explique Le Mandat.

Si les observations du scientifique Ivoirien sont avérées, il y a fort à parier qu’une bonne partie de la population d’Abidjan risque de développer des cancers dans les prochaines années.

Face aux risques, le journal ivoirien appelle d’«urgence à cesser toute consommation du maïs émanant de ces décharges »

Et d’ajouter:

«Les autorités ivoiriennes gagneraient à aller encore plus loin. Selon nos investigations, il n’y a pas que le maïs qui est cultivé dans ces décharges.»

Sur place la tension autour de l’affaire de ces déchets n’est toujours pas retombée, six ans après et du côté de l’association des victimes, on réclame la décontamination des sites pollués.

Lu sur Le Mandat

 

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