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Pourquoi l'Afrique est si mal classée dans Forbes

Le magazine américain Forbes vient de publier son classement annuel des «100 femmes les plus puissantes du monde». Et force est de constater que les Africaines ne sont pas vraiment mises à l’honneur.

Si les Américaines dominent largement le classement, seulement trois Africaines y figurent.
Comme une rengaine, ce sont toujours les mêmes noms qui reviennent.

A la 71e place, Joyce Banda. A 62 ans, la présidente du Malawi est l’Africaine la mieux classée.

«Le grand public la connaît pour son combat contre la criminalisation de l’homosexualité et son refus d’accueillir au Malawi le président soudanais Omar el-Béchir, sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI)», rapporte Afrik.com.

Deuxième Africaine la plus influente du monde, mais 81e selon Forbes, Ngozi Okonjo-Iweala. Les compétences de la ministre des Finances du Nigeria sont reconnues par de nombreux économistes.

La Nigériane est connue pour sa lutte contre la corruption. Fervente actrice du rapprochement entre son pays et les Etats-Unis, elle a mené la libéralisation de l’économie nigériane.

Juste derrière, à la 82e place, Ellen Johnson Sirleaf talonne Ngozi Okonjo-Iweala. Présidente du Liberia depuis 2006, elle est la première femme à avoir été élue au suffrage universel en Afrique.

Si cette économiste a été désignée prix Nobel de la paix en 2011, cette distinction a été largement critiquée.

En cause, sa position ambiguë sur l’homosexualité et la façon dont «Old Mama», son sobriquet au Liberia, dirige le pays d’une main de fer.

«L’an dernier, elles étaient quatre à faire partie du prestigieux classement. Ainsi, si Ellen Johnson Sirleaf et Ngozi Okonjo-Iweala étaient déjà citées, Maria Ramos, patronne du groupe de banques sud-africaines Absa, filiale de Barclays, et Nonkululeko Nyembezi-Heita, à la tête d’Arcelor Mittal en Afrique du Sud, y figuraient également», rappelle Afrik.com.

Si aussi peu d’Africaines figurent au classement de Forbes, l’explication est certainement à chercher parmi les critères retenus.

Entre autres, la présence dans les médias, l’influence politique et économique. Des références «occidentales», très américaines, qui, aux yeux d’Afrik.com exprime «une certaine vision du monde».

Une critique à laquelle devra répondre Forbes, qui vient de lancer une version africaine et francophone du magazine.

Lu sur Forbes, Afrik.com

 

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