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Djemila Benhabib, l'Algéro-Québecoise férue de laïcité

Demander à faire disparaître le crucifix disposé au-dessus du siège du président de l’Assemblée nationale du Québec n’est pas sans risque.

Surtout quand on a un nom à consonance étrangère.

Djemila Benhabib en a fait l’amère expérience. Cette candidate du Parti Québecois («un parti nationaliste de gauche et qui milite pour l’indépendance du Québec du reste du Canada») d’origine algérienne a, en effet, dû essuyer des remarques clairement racistes.

Jean Tremblay, maire de Saguenay, a vivement réagi ou plutôt dérapé suite à la suggestion de Benhabib:

«Nous, les Canadiens français nous allons nous faire dicter comment nous comporter, comment respecter notre culture par une personne qui vient d’Algérie. On n’est même pas capable de prononcer son nom», a déclaré le maire Jean Tremblay, qui est connu pour commencer les conseils municipaux par une prière avant que la justice canadienne le lui interdise, précise El Watan.

Une déclaration qui a aussitôt provoqué un tollé dans la classe politique canadienne. La chef de son parti la présente ainsi comme un «modèle d’intégration», rapporte le quotidien algérien qui retrace brièvement son parcours:

«Née en Ukraine, de mère chypriote grecque et de père algérien, Djemila Benhabib a toujours vécu en Algérie jusqu’à son départ forcé avec sa famille au plus fort de la décennie noire.»

Présentée également comme une «militante pure et dure de la laïcité», parfois taxée d’«islamophobe», Djemila Benhabib brigue une place de députée dans une circonscription à 140 km de Montréal.

Si elle est élue elle serait «la première immigrante d’origine algérienne à accéder à ce poste qui lui ouvre aussi les portes d’un éventuel ministère de l’Immigration», conclut El Watan.

Lu sur El Watan

 

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