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Les Algériens aussi ont leur mur des lamentations

Il y a autant de manière de manifester son mécontentement que d’individus. Les habitants de Boutella Abdallah dans l’est de l’Algérie ont opté une solution plutôt radicale pour exprimer leur colère aux élus locaux.

Ils ont tout simplement choisi de bâtir un muret en plein milieu de la route. Les Dernières nouvelles d’Algérie racontent:

«Les habitants entendaient manifester contre le manque de logements, les coupures de courant électrique, les pénuries d’eau potable, l’éclairage public défectueux et l’absence d’assainissements des eaux usées.

Appelés en renfort, les forces de sécurité ont procédé à la démolition du mur d’une hauteur d’un peu plus d’un mètre et sur lequel étaient accrochés des petits drapeaux nationaux disposés en forme de guirlandes.»

Ce n’est pas la première fois que les habitants ont recours à ce procédé:

«En janvier, puis en avril 2012, les habitants de cette même localité ont coupé cette même route pour exprimer des revendications presque identiques et pour dénoncer les responsables locaux qui n'ont pas tenu leurs promesses.»

Loin d’être anecdotique, DNA voit dans la construction de ce mur un symbole fort:

«La construction d’un mur pour obstruer la route, bien qu’elle soit symbolique, est une expression de colère et de dépit totalement inédite en Algérie, qui a connu pourtant des centaines de manifestations et d’émeutes depuis janvier 2010.

D’ordinaire, les manifestants coupent les routes avec des pneus brûlés, des troncs d’arbres, des pierres, des morceaux de ferrailles, voire avec des carcasses de véhicules rouillés. Mais c’est la première fois qu’un mur en briques est érigé d’un bout à l’autre d’une route nationale.

C’est ce mur qui symbolise certainement aujourd’hui le fossé qui sépare les populations algériennes de leurs gouvernants.»

Lu sur Les Dernières nouvelles d'Algéries

 

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