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Le président Gambien en plein discours lors de la campagne présidentielle, à Banjul, 22 septembre 2006, REUTERS/Finbarr O'Reilly
Le président Gambien en plein discours lors de la campagne présidentielle, à Banjul, 22 septembre 2006, REUTERS/Finbarr O'Reilly

Gambie: Qui peut raisonner l'ogre de Banjul?

Une fois de plus, le président gambien a pris une décision inquiétante: exécuter tous les condamnés à mort.

Mise à jour du 15 septembre 2012:  Le président gambien Yahya Jammeh a suspendu les exécutions de dizaines de prisonniers dans le couloir de la mort, en réponse aux nombreux appels en ce sens formulés en Gambie et à l'étranger, a annoncé la présidence gambienne, dans un communiqué reçu par l'AFP.

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Il aura encore fait parler de lui. Le président gambien, Yahya Jammeh, l’illuminé de Banjul, qui s’était fait guérisseur du Sida, a annoncé que tous les condamnés à mort dans son pays seront exécutés d’ici à septembre 2012.

«Vers le milieu du mois prochain, toutes les condamnations à mort seront exécutées à la lettre. Il n’est pas question que mon gouvernement permette que 99% de la population soit prise en otage par des criminels.»

Ainsi en a déclaré le président Jammeh dans son discours à la nation célébrant la fin du mois de Ramadan.

La justice, c’est moi

On savait là que le rôle d’un président de la République, en tant que président du Conseil supérieur de la magistrature, était de gracier des condamnés mais pas d’ordonner leur exécution surtout qu’il s’agissait d’un moment solennel où l’on était censé pardonner aux autres les erreurs commises.

Même aux Etats-Unis où la peine de mort est encore appliquée, ce n’est pas le président qui ordonne du haut de sa chaise l’exécution d’un condamné. C’est la Justice qui décide à chaque fois de le faire.

Le président Jammeh se substitue donc à la Justice de son pays, lui qui avait récemment ordonné la condamnation à des peines lourdes allant de cinquante ans à une amende de plus d’un million d’euros.

En tout cas, rien d’étonnant au pays de Jammeh.

Rien n’arrêtera l’ogre de Banjul

Car, quand ce ne sont pas des journalistes qui sont persécutés, ce sont des opposants qui sont embastillés au quotidien et cela, au nez et à la barbe de la Commission africaine des droits de l’Homme, qui semble finalement résignée.

Qui peut donc arrêter le bourreau Jammeh?

Puisque, selon un décompte effectué par l’Agence France presse (AFP), ces menaces d’exécution proférées par le chef de l’Etat gambien concernent 47 personnes dont des anciens responsables sécuritaires.

Ce qui fait dire à certains que le président Jammeh veut faire des 47 condamnés à mort de son pays des agneaux à immoler puisqu’il célèbre en cette année son 47e anniversaire.

Ce serait donc un véritable carnage que d’exécuter toutes ces personnes.

Ç’eût été en Europe par exemple que l’Union européenne aurait intimé l’ordre au bourreau de Banjul d’arrêter sa folie, mais étant donné que bien des présidents en Afrique sont à l’image de Jammeh, il est difficile d’espérer une mesure coercitive de la part de l’Union africaine du reste connue pour son impéritie.

Boundi Ouoba (Le Pays)

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