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Comment les autorités marocaines espionnent les activistes

Faire croire à un scandale en passe d’être révélé pour installer discrètement un virus espion. C’est la méthode qu’auraient utilisé les autorités marocaines pour surveiller des journalistes indépendants, selon le journaliste Ryan Gallagher de Slate.com.

Les rédacteurs du site Mamfakinch, proche du Mouvement du 20 Février, ont reçu un e-mail (via l’adresse de contact du site) intitulé «Dénonciation» contenant une pièce jointe appelée «Scandale».

Un fichier word avec une phrase unique:  

«Merci de ne pas mentionner mon nom, je ne veux pas de problèmes.»

En réalité, derrière ces prétendues révélations se cachait un moyen sophistiqué de surveillance. Ryan Gallagher raconte:

«Après avoir tenté d’ouvrir le fichier en question, ils soupçonnaient leur ordinateur d’avoir été infectés. Le co-fondateur de Mamfakinch Hisham Almiraat m’a dit qu’il avait dû prendre des "mesures drastiques" pour nettoyer leurs ordinateurs avant de transférer le fichier suspect à des experts pour analyses. Ce qu’ils croient avoir trouvé était quelque chose de "très avancée", quelque chose qui sort de l’ordinaire.»

Dans le fichier «Scandale» —qui était en réalité une supercherie— s’en cachait un autre: un Trojan (cheval de troie informatique qui exécute des actions à l’insu de l’utilisateur) permettant de prendre des captures d’écran des ordinateurs infectés, d’intercepter les e-mails, d’enregistrer les conversations Skype mais aussi d’activer les micros et webcams des machines. Le tout sans pouvoir être repéré par les antivirus.

Le journaliste précise que ce cas n’est pas isolé et rapporte le cas d’activistes bahreïnis également visés par un cheval de troie. Il rappelle également que les technologies permettant une telle surveillance sont conçues par des sociétés occidentales qui les vendent ensuite à des pays qui détournent leur utilisation et en abusent.

Lu sur Slate.com

 

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