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Burundi - Vous augmentez le prix de la bière? Eh bien, on ne boit plus!

Un collectif d’associations et de syndicats burundais ont appelé à boycotter les produits (bières et limonades) de la Brasserie et limonaderies du Burundi (Brarudi) dont les prix ont fortement augmenté. Un appel relayé par Afriquinfos:

«Nous demandons aux consommateurs des bières et limonades de ne rien consommer pendant deux jours, aux détenteurs des bistrots de ne pas ouvrir et aux autorités de la Brarudi elles-mêmes de ne pas fournir leurs produits pendant les deux jours pour réveiller la conscience des gens sur d'éventuelles hausses des prix des autres produits consécutives à celle des produits de la Brarudi.»

Selon Les Echos, la grogne des consommateurs a commencé, fin juillet, lorque «la Brarudi a augmenté le prix de ses bières et boissons gazeuses de 10 à 15% en expliquant qu'elle ne faisait que répercuter une augmentation des taxes perçues par les pouvoirs publics sur ces produits.»

Le journal économique rappelle au passage que la Brarudi «filiale du néerlandais Heineken, est en situation de quasi-monopole au Burundi. Elle est de loin la plus grande industrie du pays, dont elle assure 20% des recettes intérieures annuelles, selon l'Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (Olucome)».

C’est sûrement une des raisons pour laquelle un proche du gouvernement «a accusé la société civile de chercher cette fois à saboter l'économie nationale en s'en prenant à la Brarudi, qui est notre principale source de recettes», rapporte le journal Les Echos.

L’appel au boycott a, en tout cas, été largement suivi, selon RFI, qui rappelle que «la bière est une boisson ultra-prisée des Burundais».

Ce qui explique sans doute pourquoi le président de l’Association de consommateurs du Burundi va même jusqu’à parler de sacrifices:

«Nous avons pris la décision de demander à l’ensemble des Burundais, aux consommateurs burundais, de faire plus qu’un boycott même; de faire un sacrifice en ne consommant pas de produits Brarudi à partir de ce lundi 20 août jusqu’au mardi 21 août 2012.»

Reste à savoir si cette mobilisation aura des répercussions réelles sur les prix à la consommation.

Lu sur Les Echos, RFI et Afriquinfos

 

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