SlateAfrique

mis à jour le

Ethiopie - Le vice Premier ministre assure l'intérim

Le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, poids lourd parmi les dirigeants africains, au pouvoir depuis deux décennies, est décédé à l'hôpital dans la nuit du 20 au 21 août, a annoncé le gouvernement éthiopien.

"Le Premier ministre Meles Zenawi est décédé hier soir aux environs de minuit," a précisé le 21 août le porte-parole du gouvernement Bereket Simon.

Le vice-Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, va assurer l'intérim du pouvoir.

"Conformément à la Constitution éthiopienne, le vice-Premier ministre devra aller devant le Parlement et prêter serment," a affirmé devant la presse le porte-parole du gouvernement Bereket Simon, ajoutant que le gouvernement faisait en sorte que le Parlement soit convoqué "le plus vite possible".

"Je vous garantie que tout est stable," a poursuivi le porte-parole qui avait auparavant annoncé la mort dans un hopital à l'étranger du Premier ministre à l'âge de 57 ans.

Selon M. Bereket, M. Meles se débattait avec ses problèmes de santé "depuis un an". Mais "l'une des meilleures choses avec lui, c'est qu'il ne s'est jamais considéré comme malade et qu'il était prêt pour le travail tout le temps, tous les jours, tous les soirs," a-t-il ajouté.

La date des funérailles de ce poids lourd parmi les dirigeants africains, au pouvoir depuis plus de 20 ans et allié clé des Etats-Unis dans la lutte contre l'extrémisme islamiste dans la Corne de l'Afrique, n'a pas été annoncée.

"Le processus des funérailles se déroulera selon un plan préparé par un comité qui travaille là-dessus," a indiqué le porte-parole. Il a seulement précisé que le pays serait en "deuil national" jusqu'à ces funérailles, "en souvenir du Premier ministre".

M. Meles, âgé de 57 ans, n'avait plus été vu en public depuis juin et son état de santé faisait l'objet de nombreuses rumeurs. En juillet, des sources diplomatiques à Bruxelles avaient indiqué à l'AFP que M. Meles était hospitalisé dans la capitale belge et qu'il se trouvait dans un état critique.

"Il récupérait bien mais tout d'un coup il s'est passé quelque chose et il a dû être emmené d'urgence en unité de soins intensifs et ils n'ont pu le maintenir en vie," a ajouté mardi M. Bereket, sans donner de précision sur la maladie dont souffrait M. Meles.

Le porte-parole a ajouté que le Premier ministre éthiopien se trouvait "à l'étranger" au moment de son décès, sans non plus fournir davantage de détails.

Une conférence de presse des autorités éthiopiennes est prévue mardi matin à Addis Abeba.

Meles Zenawi dirigeait l'Ethiopie d'une poigne de fer depuis qu'il avait pris le pouvoir en 1991 à la tête d'une guérilla qui venait de faire tomber le régime du dictateur Mengistu Hailé Mariam.

Cet homme austère était entré dans le club fermé des dirigeants africains en poste depuis plus de deux décennies après une victoire écrasante aux élections de 2010 -- il avait alors raflé 99% des voix.

Et il incarnait à lui seul le pouvoir dans son pays, dont il avait fait au fil des ans un allié clé des Etats-Unis dans la lutte contre l'extrémisme dans la Corne de l'Afrique.

 Conséquences sérieuses pour la Corne de l'Afrique

 En juillet, quand avait été évoquée l'hospitalisation de M. Meles à Bruxelles, une source diplomatique avait souligné que sa disparition aurait de sérieuses conséquences pour cette région très instable.

"Il a su imposer son autorité à ses voisins", et il est "un pôle de stabilité entre le Soudan, l'Erythrée et la Somalie", avait expliqué la source.

Les mandats de M. Meles ont notamment été marqués par une guerre frontalière très meurtrière avec l'Erythrée voisine entre 1998 et 2000 et deux interventions militaires en Somalie -- la première de fin 2006 à début 2009, la deuxième depuis fin 2011 contre les insurgés islamistes shebab.

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement éthiopien se voulait rassurant sur l'état de santé de M. Meles.

Mais depuis l'annonce de son hospitalisation à Bruxelles par des sources diplomatiques sur place, l'incertitude régnait sur qui est actuellement, effectivement, aux commandes dans le deuxième plus peuplé des pays d'Afrique sub-saharienne.

Lu sur AFP

A lire aussi

La mort mystérieuse de Mélès Zenawi