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Zimbabwe: l'opposition refuse l'appel au dialogue du président

Le chef de l'opposition zimbabwéenne Nelson Chamisa a décidé de bouder mercredi l'invitation du président Emmerson Mnangagwa à une réunion de relance du "dialogue politique" convoquée après la brutale répression de la récente fronde sociale.

"Il n'y participera pas", a déclaré à l'AFP son porte-parole, Nkululeko Sibanda, "le président Chamisa a très clairement dit que le dialogue national devait porter sur les inquiétudes économiques et sociales du moment".

"Ce dialogue doit être facilité par quelqu'un d'autre que Mnangagwa", a poursuivi M. Sibanda.

L'initiative du chef de l'Etat visait initialement à apaiser les tensions nées des élections générales de juillet dernier.

M. Mnangagwa les a emportées dès le premier tour de scrutin avec 50,8% des suffrages devant le candidat du Mouvement pour un changement démocratique (MDC) Nelson Chamisa, crédité de 44,3% des voix.

M. Chamisa a contesté ces résultats, arguant de fraudes, mais son recours en annulation a été rejeté par la justice. Une manifestation de ses partisans, le 1er août, avait été dispersée dans le sang par les forces de l'ordre, faisant six morts.

La réunion convoquée par le président intervient trois semaines après la répression féroce par l'armée et la police de manifestations contre la hausse des prix des carburants, dans un pays étranglé par deux décennies de crise économique.

Selon les ONG, au moins 12 personnes ont été tuées, des centaines d'autres blessées. Les forces de l'ordre ont procédé à plus d'un millier d'arrestations.

Cette répression a valu de vives critiques partout dans le monde au régime de M. Mnangagwa.

"Le dialogue n'est pas un jeu", a lui-même estimé M. Chamisa sur Twitter mercredi. "Nous sommes dans une crise politique causées par des élections frauduleuses (...). Il faut un véritable dialogue sous l'autorité d'un médiateur crédible", a-t-il ajouté, "arrêtez les violences contre les citoyens et les arrestations".

M. Mnangagwa a succédé fin 2017 à Robert Mugabe, contraint à la démission après trente-sept ans de règne.

AFP

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