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Arrestation de Kamto au Cameroun: plusieurs manifestations interdites

Les autorités camerounaises ont interdit jeudi des manifestations prévues à Yaoundé, peu après l'arrestation du principal opposant, Maurice Kamto, survenue après une vague de marches non autorisées contre la réélection de Paul Biya à la tête du pays.

"Les marches de revendication, de protestation et de désapprobation projetées (à) Yaoundé les 1er, 2, 8 et 9 février (...) sont interdites pour des nécessités de préservation de l'ordre public", a écrit dans un communiqué le préfet du département du Mfoundi (dont fait partie Yaoundé), Jean-Claude Tsila.

"Le préfet demande par conséquent à tous les organisateurs de ces marches de bien vouloir renoncer à leurs projets", selon le communiqué, lu à la radio d'Etat.

Le 1er était prévue une marche "en réplique aux manifestations illégales organisées par un parti d'opposition (MRC)", organisée par un collectif peu connu. Le 2 et le 9, des marches du MRC étaient prévues.

Le leader du parti et principal opposant depuis la présidentielle où il est arrivé deuxième, Maurice Kamto, a été arrêté lundi, deux jours après une vague de manifestations du MRC non autorisées dans plusieurs villes du Cameroun.

Détenu au Groupement spécial d'opérations (GSO, unité d'élite de la police), il va faire l'objet d'une enquête pour huit infractions qui lui sont imputées, dont la "rébellion" et l'"incitation à l'insurrection", ont indiqué ses avocats dans la nuit de mercredi à jeudi.

Parmi les autres infractions imputées à Maurice Kamto figurent "l'attroupement", "l'hostilité à la patrie", "le trouble à l'ordre public, l'association de malfaiteurs", a déclaré l'un de ses quinze avocats, Me Sylvain Souop, au cours d'une conférence de presse.

Les 200 personnes qui ont été interpellées samedi, selon le parti, font l'objet d'enquêtes préliminaires pour les mêmes infractions.

"Il y a une qualification des faits avant même que les gens aient été entendus", a-t-il dénoncé.

"Il va bien, il a le moral, il est serein et il a été entendu en présence du directeur général de la Police judiciaire", a déclaré Me Souop après avoir indiqué l'avoir rencontré mercredi après-midi.

- "Confiance" dans la justice -

Depuis samedi et les manifestations du MRC, le Conseil national de la Communication (CNC) a noté une montée des "appels à la sédition ou d'incitations à la haine tribale" dans les médias et sur les réseaux sociaux, selon un communiqué du président du CNC Peter Essoka jeudi.

Le CNC "appelle l'ensemble des acteurs du secteur médiatique à faire preuve de professionnalisme et de responsabilité dans la collecte, le traitement et la diffusion des informations destinées à l'opinion publique".

Lors du point de presse, le parti de Maurice Kamto, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a démenti avoir organisé samedi des manifestations à l'étranger durant lesquelles plusieurs ambassades en Europe ont été saccagées par des manifestants.

"Kamto dénonce ce vandalisme des représentations diplomatiques, il n'a jamais envoyé qui que ce soit casser quoi que ce soit", a affirmé Me Souop.

M. Kamto, ancien ministre de la Justice de Paul Biya, "fait confiance à la justice du Cameroun", a conclu son avocat.

Maurice Kamto et plusieurs cadres de son parti avaient été arrêtés lundi soir à Douala et Yaoundé, deux jours après qu'une centaine de militants du parti, selon les autorités, eurent été interpellés samedi lors de marches non autorisées.

Deux journalistes camerounais ont aussi été interpellés lundi soir, après avoir été "confondus avec des activistes politiques dans l'exercice de leurs fonctions", selon le syndicat des journalistes camerounais. Ils étaient toujours détenus jeudi.

Un autre journaliste, très suivi sur les réseaux sociaux, a été agressé "à coups de couteaux jeudi par trois individus non identifiés alors qu'il sortait de sa maison", a dénoncé Reporters sans frontière (RSF), sans préciser si son agression était liée à ses activités professionnelles.

Depuis l'annonce des résultats de la présidentielle, fin octobre, plusieurs manifestations non autorisées ont été organisées par le MRC contre ce qu'il qualifie de "hold-up électoral".

Selon les résultats du Conseil constitutionnel, l'ex-candidat du MRC est arrivé deuxième (14,23% des suffrages) derrière Paul Biya, réélu pour un septième mandat consécutif avec 71,2% des voix.

AFP

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