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Martin Scorsese offre un écrin à Nass El Ghiwane

Dans les années 70, le Maroc a connu, grâce à cinq musiciens formés à l'école de la rue et décidés à rompre les langueurs orientales envahissantes, une explosion musicale qui devait être pour les jeunes le cri de leurs frustrations et de leur révolte...

C’est l’histoire du groupe mythique des Nass El Ghiwane, «les Rolling Stones du monde arabe» comme les appelle Martin Scorsese, tombé amoureux de leur génie musical en découvrant à la télévision le film Transes d’Ahmed El Maânouni et d’Izza Ginini  qui leur est consacré. Le docufiction était présenté au Festival de New York de 1981.

Fasciné par leur talent, le réalisateur américain de Taxi Driver choisira la musique de Nass El Ghiwane pour illustrer la bande-son de son film La dernière tentation du Christ qu’il tournera au Maroc.

En 2007, il fait bénéficier au film de l’action de la World Cinema Foundation (WCF), une association qu’il préside et qui milite pour la préservation du patrimoine cinématographique mondial, pour le restaurer et le faire connaître à un plus large public international.

«Transes est comme un épisode solitaire d’une sorte de saga qui traverserait les siècles, et les années 70. Ce qui traverse les siècles, c’est la grande histoire de la musique populaire au Maroc, la galaxie arabo-andalouse, les influences juives et berbères, l’univers Gnaoua. Les années 70, c’est l’apogée d’un groupe de musiciens surdoués, branchés à la fois sur leur héritage musical et sur les révoltes de cette époque» écrit Slate.fr  qui présente le premier coffret DVD édité par la WCF.

Transes y figure en bonne place aux côtés de trois autres films venus du Mexique, du Sénégal ou du Kazakhstan. Un bel hommage à cette musique vivifiante qui a inspiré la nouvelle scène marocaine dans sa créativité et dans sa quête de la liberté.

«A la fois film de concert, document éthno-musical, archive d’un mouvement social, traversé d’échappées oniriques, le film vibre selon d’imprévisibles fréquences, qui par moment atteignent à la fascination» commente, élogieux, Slate.fr

Lu sur Slate.fr

 

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