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Zimbabwe: le régime juge "sévères" les accusations de torture contre les forces de l'ordre

Le gouvernement du Zimbabwe a qualifié mercredi de "sévères", sans les démentir, les accusations de "tortures systématiques" qu'auraient perpétrées les forces de sécurité lors de la répression brutale des émeutes contre la hausse des prix des carburants.

Mardi, la Commission des droits de l'Homme du Zimbabwe, bien que mise en place par l'Etat, a sévèrement épinglé les dérapages de l'armée et de la police ces derniers jours, dénonçant violences, arrestations arbitraires et tortures.

"Le recours à la torture a été organisé en ce sens qu'elles (les forces de l'ordre) ont systématiquement ciblé les hommes qui se trouvaient près des barricades ou dans les quartiers où il y a eu des incendies volontaires et des pillages", a écrit la Commission.

"C'est un rapport sévère sur les méthodes utilisées par les forces de l'ordre", a convenu mercredi le porte-parole de la présidence, George Charamba. "C'est aussi un rapport sévère pour les manifestants qui ont violé la loi".

"Ce que nous trouvons extrêmement perturbant, c'est la partialité avec laquelle ce rapport a été accueilli", a-t-il ajouté à la presse en marge d'une cérémonie officielle à Harare.

M. Charamba a précisé que son gouvernement comptait bien tirer les leçons des récentes violences.

"Le désordre que nous avons connu la semaine dernière ne se reproduira plus jamais", a-t-il averti. "Si vous décidez de vous affranchir de la loi, il faut que vous sachiez que la loi ne vous ratera pas et il ne faudra pas ensuite pleurer".

Dimanche, M. Charamba avait indiqué que la répression des jours précédents n'était "qu'un avant-goût".

Dans son rapport, la Commission a également indiqué avoir été informée d'un bilan d'au moins 8 décès, "la plupart causés par des tirs à balles réelles".

D'autres ONG ont fait état d'au moins 12 morts et de près d'une centaine de blessés par balles.

Plus de 600 personnes ont été arrêtées, dont de nombreux adversaires du régime, syndicalistes, partisans de l'opposition ou représentants de la société civile.

Le chef de l'Etat Emmerson Mnangagwa a promis mardi que des sanctions seraient prises en cas d'exactions avérées des forces de sécurité. "S'il le faut, des têtes tomberont", a-t-il déclaré.

L'annonce le 12 janvier de la hausse spectaculaire (+150%) des prix des carburants a provoqué une violente fronde populaire dans les villes du Zimbabwe, étranglé par deux décennies de crise économique et financière.

AFP

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