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Juillet, un mauvais mois pour le pirates. Tant mieux!

Depuis le 19 juin 2012, aucun pirate somalien n’est parvenu à prendre un vaisseau en otage dans le Golfe d’Aden et le nord-ouest de l’océan Indien. C'est ce que fait savoir le site du Christian Science monitor.

Mieux, depuis le 26 juin, aucun pirate n’a même tenté de détourner un navire.

«C'est la plus longue période ininterrompue de navigation pacifique dans le secteur, depuis que la piraterie est devenue une menace majeure, en 2007», affirme le site d’information en ligne américain.

La raison de ce calme estival tient à plusieurs raisons.

D’abord, le facteur climatique. Car, dans le Golfe d'Aden, les mois d’été correspondent à la mousson.

«La saison est traditionnellement calme pour les pirates. Mais il y a toujours une poignée d’attaques, même pendant la mousson», rapporte Cyrus Mody, du Bureau international maritime britannique (IMB).

Mais le climat n'explique pas tout. La baisse significative des attaques est aussi attribuée à l’armurerie impressionnante dont se sont dotés les navires.

«La majorité des bateaux naviguant dans le Golfe d’Aden sont désormais équipés de gardes armés», assure le Christian Science monitor.

Ces agences de sécurité privées ont pour l’heure un taux de réussite de 100% pour prévenir les détournements maritimes.

Et ces gardes effraient davantage les pirates que les navires de guerre déployés pour surveiller une zone grande comme les Etats-Unis.

Ce que confirme le témoignage de Stig Jarle Hansen, expert de la piraterie somalienne:

«Les capitaines pirates à qui j’ai parlé m’ont affirmé que ce qu’ils craignaient le plus, c’étaient ces gardes armés. Cela veut aussi dire qu’ils ne ciblent plus systématiquement les bateaux les plus riches.»

Un phénomène qui encourage désormais les pirates à attaquer les bateaux de pêche de moindre valeur plutôt que des cargos ou des yachts privés.

Malgré la diminution des actes de piraterie, les analystes internationaux restent pessimistes. Nombreux sont ceux qui parient sur une reprise des détournements de bateaux après la mousson.

D’autres, affirment que le retour sur investissement trop faible de la piraterie inciterait les pirates à se reconvertir dans le kidnapping.


Car la piraterie est aussi et surtout une conséquence de la pauvreté qui règne en Somalie. Ce que souligne le Christian Science monitor:

«Des efforts sont désormais fait sur place pour trouver aux Somaliens d’autres alternatives que la piraterie et le kidnapping pour gagner leur vie.»

Un phénomène parfaitement illustré dans l’un des derniers livres de Yasmina Khadra, L’équation africaine.

Lu sur The Christian science monitor

 

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