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Daoudia, la diva marocaine du Chaâbi se fait allumer en Algérie

En tournée à Oran pour son troisième concert de l’année dans la ville algérienne, Zina Daoudia, diva de la musique chaâbi marocaine (musique que l'on retrouve souvent dans les fêtes traditionnelles et de mariage) n’a pas eu cette fois-ci les honneurs de la presse locale.

Son tort? Avoir plaidé pour la réouverture des frontières entre les deux pays.

«La jeune chanteuse a profité de sa présence pour déclarer solennellement son envie de voir les frontières maroco-algériennes réouvertes. Cette déclaration ne semble, apparemment, point du goût de la presse algérienne»,nous apprend le site E-Marrakech

«Que celui qui désire l'ouverture des frontières allume son portable et l’exhibe!», a-elle lancé le 4 août, du haut de la scène du théâtre de verdure Hasni-Chakroune, d’Oran.

Un appel qui a conquis ses fans algériens venus en masse l’acclamer, mais n’a pas suscité le même enthousiasme de la presse, notamment de la part de L'Expression, qui estime que l’artiste a «voulu épauler, sans le dire explicitement, les politiciens marocains qui ont échoué quant à convaincre leurs homologues algériens autour de la question de l'ouverture des frontières algéro-marocaines».

«Zina Daoudia a raté une occasion de se taire comme elle le faisait auparavant, notamment lorsque les sujets qui risquent de fâcher sont abordés» a ajouté le journal algérois. 

Pourtant relève E-Marrakech, la diva n’est pas la seule artiste du Maghreb a avoir publiquement demandé que la frontière terrestre entre les deux pays, fermée depuis 1994, soit enfin ouverte.

«Il semble, ainsi, que le journal ait oublié les déclarations algériennes récentes en faveur de la réouverture des frontières (Abdelkader Secteur, Mohammed Lamine...) pour n'évoquer que la chanteuse marocaine, bien connue pour sa spontanéïté et son franc-parler» a souligné E-Marrakech.

Quant à Daoudia, elle ne compte pas en rester là.  D’après Mediterranée. com, elle affirme: «Mon prochain album contiendra une chanson dédiée exclusivement aux frontières», a-t-elle déclaré à la suite de la publication de l’article de L’Expression. 

«Il va sans dire que la question des frontières —fermées sur ordre du pouvoir algérien en 1994, après que les responsables marocains ont décidé d’instaurer un visa pour les Algériens suite à l'attentat de Marrakech— continue de souffler le chaud et le froid sur les relations diplomatiques entre les deux pays», commente pour sa part le site Yabiladi, qui s’interroge pour savoir si le qualificatif de «démarche sournoise», avancé par L’Expression exprime vraiment la position d’Alger.

Lu sur E-Marrakech

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