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La Tunisie va-t-elle enfin récupérer la fortune de Ben Ali?

Plus d’un an après la fuite dl'ex-président tunisien, Ben Ali, en Arabie Saoudite, il est toujours difficile de mettre la main sur les avoirs et les biens qu’il possédait dans son pays et à l’étranger.

Le magazine Jeune Afrique s’est penché sur les difficultés à localiser le magot du clan Ben Ali-Trabelsi.

Pourtant, l’une des promesses de la révolution était de récupérer l’argent et les biens de la famille l'ex-dictateur, qui s’était enrichie sur le dos des Tunisiens.

A ce jour seul un avion —un Falcon 900— d'une valeur estimée à 15 millions d'euros, une résidence au Canada et deux biens appartenant à Sakhr el-Materi, gendre de Ben Ali, ont été récupérés.  

«D'autres avoirs devraient bientôt être recouvrés, notamment les 60 millions de francs suisses (50 millions d'euros) placés par l'entourage du chef de l'Etat déchu dans des banques helvétiques et gelés depuis janvier 2011. Sur ces 60 millions, 11 millions se trouvent sur un compte bancaire genevois ouvert par Belhassen Trabelsi, frère de l'ex-Première dame, et près de 30 millions sont au nom de deux sociétés offshore associées liées à Ben Ali, à son épouse Leïla et au frère de celle-ci», affirme Jeune Afrique.

Pourquoi cela prend-il autant de temps? Le régime est tombé, mais l’argent court toujours… Une coopération internationale peine à se mettre en place pour identifier les comptes et les biens appartenant à la famille Ben Ali.

«Tous les pays nous ont fait de belles promesses, déclare le juge Mohamed Laskri, membre de la Commission nationale chargée de la récupération des avoirs. Mais dans la pratique ils traînent des pieds...»

L'essentiel du pactole serait placé dans les pays du Golfe.

Et c'est là que se trouverait le plus gros des avoirs du premier cercle de Ben Ali, fait encore savoir Jeune Afrique, d’après les conclusions d’experts tunisiens. 

Les nouveaux responsables tunisiens déplorent le peu de coopération et les blocages que le pays rencontre avec les banques étrangères. Il n'est pas si facile de geler les avoirs de présidents qui n'hésitaient pas à investir leur argent dans des sociétés écrans, qui ne portent évidemment pas leur nom.  

«Les Tunisiens souhaiteraient aussi que ces pays, surtout les plus démocratiques, leur facilitent la tâche pour récupérer l'argent volé», conclut Jeune Afrique

Lu sur Jeune Afrique

 

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