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Les Sud-Africains sont-ils tous machistes?

Pas le droit d’acheter des terres, pas le droit de s’exprimer devant un juré traditionnel, pas le droit de dire non à des avances sexuelles...

Les femmes sud-africaines qui dépendent des règles coutumières tribales en ont assez.

Le site du Los Angeles Times leur a donné la parole:

«Enfant, Nike Dlamini a grandi selon une règle: si quoi que ce soit survient à la famille ou dans le village, il faut aller en parler au chef. Disputes, problèmes, naissances, morts: tout passe par le chef.

A 11 ans, son grand frère lui a fait des avances sexuelles, l’obligeant à se déshabiller pour la caresser. Ses sœurs ont pris sa défense et l’ont conduite devant le chef du village. Affaire de famille donc, les hommes ont pris la défense du frère. Nike Dlamini a préféré s’enfuir pour éviter l’inévitable: être violée.»

Au sein de nombreux villages traditionnels d’Afrique du Sud, les femmes sont traitées comme des «citoyennes de seconde classe», et sont tributaires de la bonne volonté des hommes.

De nombreuses voix s’élèvent dans le pays pour contrer ces pratiques, qui persistent malgré une constitution qui garantit l’égalité des droits pour tous… et toutes.

Pour Nomboniso Gasa, chercheuse féministe et écrivain, ce sont les ambitions plus que les traditions qui favorisent le maintien de ces systèmes tribaux:

«Cela n’a rien à voir avec la culture, puisque peu de personnes appliquaient de telles règles. Ils (les chefs de villages) ne pensent à rien d’autre qu’à leur influence et les bénéfices qu’ils en tirent.»

Lu sur Los Angeles Times

 

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