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Nouvelles condamnations au Maroc après les tensions sociales dans une ex-cité minière

La justice marocaine a condamné 17 personnes à des peines de deux à quatre ans de prison ferme en lien avec le mouvement social de protestation dans l'ancienne cité minière de Jerada (nord-est) en 2017-2018, a indiqué vendredi leur avocat Abdelhak Benkada.

Tous étaient poursuivis après des heurts survenus mi-mars 2018 lors d'une manifestation interdite, ayant fait 312 blessés parmi les forces de l'ordre et 32 du côté des manifestants, selon le bilan officiel.

La Cour d'appel d'Oujda qui les jugeait en première instance les a reconnu coupables dans la nuit de jeudi à vendredi de "destruction de bien publics, incitation à commettre des crimes et délits" et "participation à une manifestation non autorisée", selon la même source.

Trois des prévenus se trouvaient en prison le jour de la manifestation interdite, la police les ayant interpellés quelques jours plus tôt pour un accident de la route, a affirmé leur avocat en dénonçant leur condamnation.

La manifestation interdite du 19 mars à Jerada visait notamment à protester contre l'arrestation de ces personnes et à demander au gouvernement des mesures d'aide pour lutter contre la pauvreté dans cette région durement affectée par la fermeture des mines de charbon à la fin des années 1990.

Ces condamnations sont "sévères et catastrophiques", a déploré M. Benkada. Il a par ailleurs regretté qu'un 18e prévenu, qui souffre d'une maladie mentale" ait été condamnés à deux ans de prison avec sursis.

La justice marocaine n'a pas communiqué sur ce jugement.

Les autorités avaient interpellé 95 personnes pendant les troubles qui ont agité Jerada entre fin 2017 et début 2018. Sur ce total, 61, pour la plupart des jeunes ont été condamnées à des peines de prison, compte tenu des dernières condamnations.

Le mouvement avait été déclenché par la mort accidentelle de deux hommes cherchant du charbon fin 2017 dans un puits désaffecté de l'ancienne cité minière. 

Au moins neuf décès accidentels du même type ont été enregistrés au cours de l'année 2018. 

Malgré la fermeture de la mine, des hommes continuent de s'aventurer quotidiennement dans les puits désaffectés pour extraire du charbon de façon artisanale et le vendre à bas prix à des négociants locaux, surnommés localement les "barons" et qui sont détenteurs de permis de commercialisation.

Face à la contestation sociale, les autorités avaient annoncé l'an dernier une série de mesures pour relancer l'économie locale, promis de fermer les puits abandonnés et interdit toute "manifestation illégale". 

Le ministère de l'Energie a annoncé la semaine dernière que 2.000 puits avaient été fermés en 2018 et promis de fermer cette année les 1.500 restant. Une enveloppe de 82 millions d'euros a été débloquée pour des projets d'industrie et d'agriculture prévus à l'horizon 2020, selon la même source.

AFP

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