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Fronde au Zimbabwe: le pasteur et opposant Mawarire attendu devant le tribunal

Le pasteur contestataire zimbabwéen Evan Mawarire doit être déféré jeudi devant la justice pour son soutien à la fronde sociale en cours dans le pays, alors que s'accumulent les témoignages sur la brutalité de la répression du régime.

Arrêté mercredi à son domicile d'Harare, le pasteur Mawarire était attendu dans la journée devant un tribunal de la capitale pour, selon son avocate Beatrice Mtetwa, répondre "d'incitation à la violence" via les réseaux sociaux.

Le Zimbabwe a été le théâtre en début de semaine de violentes manifestations contre la forte hausse des prix des carburants à la pompe décrétée samedi par son gouvernement, dans un pays dévasté par une grave crise économique.

Dans ses deux principales villes, Harare et Bulawayo (sud), de nombreux commerces y ont été pillés, des bâtiments et des voitures brûlées par la population en colère.

Porte-drapeau de manifestations antigouvernementales en 2016, M. Mawarire avait appelé en début de semaine sur Twitter la population à participer massivement à la grève générale lancée par le principal syndicat du pays (ZCTU).

La contestation a été sévèrement réprimée par la police et l'armée, qui quadrillaient toujours jeudi matin les rues du centre de Harare et Bulawayo, selon des journalistes de l'AFP.

Les autorités ont officiellement reconnu la mort de trois personnes, dont un policier.

Mais de nombreuses ONG locales et l'opposition ont affirmé que le nombre des victimes était nettement plus élevé, citant des chiffres allant jusqu'à au moins 16 morts.

L'Association des médecins du Zimbabwe pour les droits de l'homme (ZADHR) a indiqué jeudi que ses membres avaient soigné plus de cent blessés, dont un grand nombre victimes de blessures par balles à la tête ou à l'abdomen.

Sur la foi des nombreux témoignages qui leur sont parvenus, ces ONG ont également dénoncé de nombreux cas de passages à tabac, voire de torture, et d'arrestations arbitraires.

- 'Porté disparu' -

Selon le responsable régional de Human Rights Watch (HRW), Dewa Mavhinga, le chef de la ZCTU Peter Mutasa, à l'origine de la grève, était "porté disparu depuis lundi". 

"Des personnes suspectées d'être des agents de l'Etat ont fait une descente à son domicile et harcelé sa famille", a-t-il tweeté.

Principal principal parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) a dénoncé des méthodes de "hooligans et de trroristes".

Le ministre de la Sécurité, Owen Ncube, a annoncé mercredi soir que plus de 600 personnes avaient déjà été arrêtées.

Des dizaines d'entre elles ont comparu mercredi et jeudi matin devant le tribunal d'Harare pour "violence publique", accusées d'avoir jeté des pierres sur la police ou bloqué des routes.

En tournée à l'étranger depuis lundi, le président Emmerson Mnangagwa a justifié mercredi l'intervention des forces de l'ordre. "Où avez-vous vu un pays qui laisse dormir sa sécurité quand des boutiques sont pillées ?", a-t-il réagi.

Plus tôt dans la journée, il avait lancé un appel au calme à ses compatriotes sur les réseaux sociaux, promettant que ses réformes pour redresser le pays finiraient par payer.

"Je comprends la colère et la frustration de beaucoup d'entre vous", a assuré le chef de l'Etat. "Redresser l'économie du Zimbabwe est une tâche monumentale (...) nous sommes sur le bon chemin, nous y parviendrons."

Au pouvoir depuis la démission forcée de Robert Mugabe fin 2017, M. Mnangagwa a hérité d'un pays dans une situation économique et financière catastrophique, caractérisée par un manque criant de liquidités et une inflation galopante.

La crise s'est accélérée ces derniers mois, provoquant des pénuries de la plupart des denrées de base, dont le carburant.

Le gouvernement a annoncé samedi la multiplication par deux et demi des prix de l'essence dans l'espoir d'en réduire la consommation et d'enrayer les nombreux trafics liés à la dévaluation de la quasi-devise locale, les "bond notes".

La population redoute une hausse générale du prix des autres produits et rend le chef de l'Etat, élu en 2018, et son gouvernement responsables de la situation.

AFP

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