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Création graphique représentant le robot Curiosity © REUTERS/NASA
Création graphique représentant le robot Curiosity © REUTERS/NASA

Kamal Oudrhiri, le Marocain qui vit sur Mars

Kamal Oudrhiri, ingénieur en télécommunications à la NASA, a supervisé l’arrivée du robot Curiosity sur la planète rouge.

«Le contact est confirmé», a annoncé, lundi 6 août, peu après 22h30, en Californie Kamal Oudrhiri, un scientifique marocain, membre de la mission Curiosity, le robot de la NASA qui s’est posé sur Mars au terme d'un voyage de plus de huit mois dans l'espace.

«Je serai la première personne à confirmer si l’atterrissage de Curiosity a réussi» disait-il fièrement à la presse marocaine, quelques heures avant l’événement.

Kamal Oudrhiri, ingénieur en télécommunications à l'Agence spatiale américaine NASA, est à la tête de l'équipe de radio-science qui a sondé l'arrivée du mastodonte d'une tonne se déplaçant sur six roues sur la planète rouge après une descente vertigineuse et extrêmement délicate qui semble s'être déroulée exactement selon le plan prévu.

«Poser Curiosity sur la planète Mars est certainement la mission la plus risquée jamais entreprise par la NASA et dans l'histoire de l'exploration robotique planétaire», expliquait Kamal Oudrhiri à la veille de «l’amarsissage» de Curiosity.

L’équipe supervisée par l'ingénieur marocain, s’est employée, à capter les signaux envoyés par la sonde vers la Terre, pour déterminer le succès de la mission étape par étape.

A la recherche de la vie sur Mars

Lancé le 26 novembre 2011 de Cap Canaveral en Floride, aux Etats-Unis, le robot à l’allure de cyclope est l'engin d'exploration le plus gros et le plus perfectionné jamais envoyé sur une autre planète.

Curiosity —si tout continue à se passer comme prévu— vient allonger la liste des missions martiennes américaines réussies, après Viking 1 et 2 (1976), Pathfinder (1997), Mars Exploration Rovers (2004) ou Phoenix (2008).

Alimenté par un générateur nucléaire, Curiosity tentera de découvrir si l'environnement martien a pu être propice au développement de la vie microbienne.

«Le succès de la mission permettra de récupérer des échantillons du sol martien âgés de millions d'années et qui pourront nous révéler les secrets d'une éventuelle vie microbienne sur cette planète mystérieuse», explique encore l'ingénieur marocain.

Il rappelle que si Mars est aujourd'hui une planète asséchée, il est connu qu'elle fut autrefois couverte d'eau et de glace.

Véritable laboratoire mobile, l'engin robotique dépêché vers Mars est, en effet, capable d'effectuer sur place plusieurs tests biochimiques sur les échantillons prélevés pour déterminer l'existence d’éventuelles traces de vie sur la planète rouge.

Oudrhiri et le rêve américain

L’ingénieur marocain, ayant intégré la NASA, il y a plus de 18 ans, s’est dit fier de pouvoir participer à cette aventure spatiale, la première en son genre. 

«En tant que maroco-américain, je suis bien évidemment très honoré de participer à cette mission extrêmement importante pour la NASA, l'Amérique et le reste du monde», a-t-il confié, à l’agence officielle MAP, précisant que le succès de la mission préparera le chemin à de futures expéditions humaines vers Mars.

Son baccalauréat en poche, Kamal Oudghiri, originaire de Fès, est arrivé à Los Angeles à la fin des années 80 pour poursuivre ses études.

En 1993, après une série de concours et d’entretiens, il fait partie des six recrues choisies parmi 5.000 candidats par JPL (Jet Propulsion Laboratory) à Pasadena, l’un des plus prestigieux centres de recherche de la NASA.

Pendant une dizaine d’année, Oudrhiri a participé à la conception de nombreuses missions interplanétaires dont Cassini —la sonde envoyée vers Saturne.

En 2007, il est nommé directeur de projets auprès du Bureau des communications spatiales pour les missions habitées.

A ce poste, il supervise les travaux de près de 80 chercheurs pour concevoir l’architecture globale de communication.

Objectif: permettre à l’Homme de retourner sur la Lune en 2020, pour y installer une base permanente qui servira de départ pour une mission habitée vers Mars en 2030.

Plein d’espoir pour son pays d’origine

En parallèle à ses activités professionnelles, Kamal Oudrhiri a créé en 2003 l’association Grove of Hope (Pépinière de l’espoir) qui travaille à vulgariser la connaissance scientifique au Maroc.

Cette fondation a également collaboré avec des enseignants du Sénégal, de Côte d'Ivoire, de Mauritanie, du Ghana et du Cameroun.

«Les jeunes, au Maroc, ont la chance de grandir dans un pays qui offre des opportunités sans pareilles dans la région, en faisant du développement des nouvelles technologies et des énergies renouvelables un pari d'avenir», estime Kamal Oudrhiri.

L'ingénieur en télécommunications souligne aussi le besoin de «continuer à œuvrer pour la création et l'enracinement d'une culture scientifique pour les générations futures».

Un optimisme affiché, qui lui a valu d’être décoré par le roi Mohammed VI du Wissam alaouite lors de la dernière fête du trône.

Kamal Oudrhiri, qui est un vrai passionné d’histoire et de sciences, ne manque pas de projets dans son pays d’origine. Il rêve depuis des années de créer une Cité des Sciences à Casablanca.

Ali Amar, de Rabat

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Ali Amar

Ali Amar. Journaliste marocain, il a dirigé la rédaction du Journal hebdomadaire. Auteur de "Mohammed VI, le grand malentendu". Calmann-Lévy, 2009. Ouvrage interdit au Maroc.

Ses derniers articles: Patrick Ramaël, ce juge qui agace la Françafrique  Ce que Mohammed VI doit au maréchal Lyautey  Maroc: Le «jour du disparu», une fausse bonne idée 

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