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Vis ma vie de prisonnier d'Omar el-Béchir

C’est un témoignage qui fait froid dans le dos. Magdy El-Baghdady, un jeune Londonien parti ouvrir un restaurant au Soudan, a raconté au Guardian le calvaire qu’il a vécu dans les geôles du Soudan d’Omar El Béchir.

Il a en effet passé près de deux mois dans une prison soudanaise, où il a été torturé quotidiennement.

Jamais, cependant, il n’aurait imaginé ce qui lui est arrivé.

Arrêté par les forces de sécurité soudanaises, il a été accusé d’être un activiste en train de préparer une révolution au Soudan.

Interpellé dans l’appartement de Khartoum qu’il venait tout juste de louer, Magdy El-Baghdady a été emmené au quartier général des services de renseignement soudanais, avant d’être transféré au centre de détention provisoire de la célèbre prison de Kober.

Un de ses amis, Omar al-Mady (le neveu d’un ancien Premier ministre soudanais, Ndlr) a également été arrêté. Il détaille sa douloureuse expérience:

«Le lendemain de notre arrestation, des hommes sont venus nous chercher dans la cellule, ils nous ont bandé les yeux et attachés les poignets. Puis ils nous ont battu avec des tuyaux en plastique. (…) J’étais face à un mur, Omar était à ma droite. Ils nous ont battus de derrière, en émettant des sons lorsqu’ils nous frappaient.»

Mais la pire des tortures a peut-être été la mise en scène d’une fausse exécution:

«Un officier tireur a pressé le canon de son arme à l’arrière de ma tête, juste au-dessus de mon cou; il a appuyé l’arme contre moi. Je savais que tous les hommes subissaient le même sort. Le supérieur a crié un ordre. Tous les officiers ont alors armé leur pistolet. J’entendais les gémissements des prisonniers, puis il y a eu un silence total.»

Le quotidien anglais explique que les fausses exécutions sont monnaie courante au Soudan, notamment contre des opposants au pouvoir, comme Mohamed Nour Khalil.

Le gouvernement britannique a demandé une enquête. «Nous sommes profondément concernés par les allégations de Monsieur El-Baghdady au sujet d’actes de torture durant sa détention», a fait savoir un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Depuis qu’il a été relâché, le jeune homme essaye d’alerter sur la situation des droits de l’homme au Soudan. Il s’est notamment engagé auprès de Waging Peace, une ONG qui fait campagne contre les violations des droits de l’homme en particulier en Afrique.

Cette expérience semble avoir changé qui la vision du monde de Madgy El-Baghdady:

«Il y a tellement de choses simples que je me réjouis de faire à présent, comme prendre le métro ou marcher librement dans la rue. Il y a trop de chose dans nos vies qu’on pense acquise», conclut-il.

Lu sur le Guardian.

 

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