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Le président congolais, Joseph Kabila, à Kampala, Ouganda, 12 mai 2011, REUTERS/Stringer
Le président congolais, Joseph Kabila, à Kampala, Ouganda, 12 mai 2011, REUTERS/Stringer

Les Congolais sont à plaindre, mais pas Kabila

La guerre qui ravage l'est du Congo-Kinshasa ne doit pas avoir pour effet de rendre sympathique son président.

Mise à jour du 9 août 2012: Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) ne négociera pas avec les mutins du M23 qui combattent depuis avril son armée dans l'est du pays, a affirmé à Kampala son ministre des Affaires étrangères.

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A l’initiative de l’Eglise catholique, les Congolais ont marché, le 1er août, à Kinshasa pour dire «non» à la guerre et à la partition du pays.

Chose inhabituelle, il n’y a eu aucune interdiction du pouvoir à cette marche pour la paix. Les forces de police anti-émeutes s’étaient pourtant déployées un peu partout.

Depuis la campagne électorale de novembre 2011, c’est bien la première fois que les autorités de Kinshasa autorisent des rassemblements.

En décembre 2011, des chrétiens avaient tenté de manifester pour dénoncer la fraude électorale. Ils avaient été violemment dispersés.

La recherche d'une caution française

Cette fois, le message est consensuel, et on a pu compter dans le cortège des partisans de l’opposition.

L’on constate en effet que lorsque les choses l’arrangent, Kabila fils retrouve tous ses sens, et fait miraculeusement preuve d’ouverture à l’endroit de tous ceux qui s’opposent à son diktat.

Dans le contexte actuel, à deux pas du sommet de la Francophonie, son régime a intérêt à ne pas prêter le flanc. Car, peu de voix sont favorables au maintien de cette rencontre en RDC, et surtout à la participation du nouveau chef de l’Etat français, François Hollande.

Ce dernier, qui s’est dit officiellement contre les fraudes électorales et les dictatures, fait aujourd’hui l’objet de toutes sortes de pressions pour qu’il ne se rende pas en octobre prochain dans la capitale congolaise.

Ce serait, dit-on, une prime à la mégalomanie et à la dictature. Surtout que Joseph Kabila n’a encore rien donné comme gage de sérieux en matière de démocratie et de respect des droits humains.

Echec sur tous les plans

Mais l’actuel chef de l’Etat congolais est tout autant traumatisé par son alter ego rwandais. Le président de la RDC, Joseph Kabila, s’en est expliqué à la télévision.

L’homme explique sa déconfiture par l’assistance que prête le Rwanda à son opposition armée.

Le président Kagamé, également passé maître dans l’art de mater toute forme d’opposition, est régulièrement indexé par les dirigeants de la RDC. Mais le Rwanda dément sans cesse ces accusations.

Le cas Kabila est vraiment pitoyable, et celui du pays qu’il gouverne, dramatique. Venu au pouvoir suite à l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, son père, l’homme n’aura vraiment jamais su gérer cet héritage à la fois lourd et pathétique!

Au plan politique, l’homme manque totalement de vision. A-t-il même jamais eu un idéal démocratique?

En tout cas, Kabila fils, dont la jeunesse aurait pu servir de tremplin, peine sérieusement à rassembler les Congolais autour de lui.

La répression y demeure quasi-systématique. Incapable de construire une démocratie réelle comme ses compatriotes l’appellent de tous leurs vœux, Joseph Kabila étale quotidiennement au grand jour son manque de leadership. Son échec est incontestable, presque partout.

Au plan financier par exemple, la RDC est victime du pillage éhonté de ses ressources par une élite politique pour une grande part cupide et démissionnaire. Au plan militaire, c’est la déroute.

L’armée fait partie du problème

En fait, l’armée congolaise ne vaut vraiment que ce que valent ceux qui la dirigent.

Joseph Kabila a des difficultés réelles à la contrôler. Elle est plus que lézardée. Des soldats connus pour leur indiscipline autant que pour leur couardise, à l’approche de l’ennemi, semblent surtout préparés à voler et à violer, et à changer de camp au gré des événements.

Journalistes et défenseurs des droits humains en sont les cibles favorites. Que peuvent-ils bien faire d’autre, ces militaires, la plupart n’ayant vraiment rien appris?

Ceux qui ont des rudiments du métier, appartiennent le plus souvent à la garde prétorienne, confectionnée pour assurer la survie du régime, et généralement traitée avec égard.

C’est un fait que depuis la chute et la mort du dictateur Mobutu, l’ex-Zaïre, bien qu’immensément riche, baigne toujours dans la mal gouvernance sur tous les plans.

Cela se ressent beaucoup au plan social, avec l’incapacité du pouvoir Kabila à opérer les transformations sociales indispensables.

Situation révoltante, car source de frustrations dans ce pays que la nature a scandaleusement doté de ressources inimaginables.

Quelles solutions donc aux sempiternels problèmes de la RDC? Dans tous les cas, un vrai dialogue avec l’opposition congolaise paraît indispensable. Il permettrait alors de préparer des élections propres, transparentes et crédibles.

Et puisqu’aucun idéal sérieux ne semble animer le sommet de l’Etat, la RDC, faut-il le craindre, demeurera encore longtemps ce pays immensément riche, mais à l’avenir sombre du fait des convoitises étrangères, et de la cupidité de ses élites politiques.

Mais qui voudra encore verser des larmes pour Kabila après ces dures années de règne sans partage et sans pitié?

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