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L'étrange chute d'une athlète algérienne dopée à son insu

C’est une histoire bien singulière que celle de de Zahra Bouras. Cette athlète algérienne peut se vanter d’un beau palmarès: détentrice du record algérien sur le 400 mètres, championne d’Afrique du 800 mètres, demi-finaliste sur la même distance au championnat du monde de 2011.

Malgré ce tableau de chasse, Zahra Bouras n’est pas sur les pistes de courses londoniennes.

Alors que la sportive était au Bénin pour les Championnats d’Afrique d’athlétisme en juin dernier, elle a été contrôlée positive au Stanozolol, un stéroïde anabolisant.

Dans un entretien au quotidien algérien El Watan, Zahra Bouras raconte ce triste épisode de sa carrière.

Dopée à son insu par son ancien entraîneur, Mahour Bacha, elle est privée de Jeux olympiques. Elle se remémore le moment où son père et coach lui annonce la nouvelle:

«J’étais en état de choc. J’avais l’impression que le ciel me tombait sur la tête. Je n’arrivais pas à croire que cela était réel. Je me disais que je vivais un cauchemar qui allait prendre fin. J’étais tellement sous le choc que je n’ai même pas pu pleurer. J’étais atone. Sans réaction. Perdue. Je regardais mon père, sans le voir. Il m’a fallu trois heures pour pouvoir articuler quelques mots.»

Un choc difficile à encaisser, qui lui a même fait penser à mettre un terme à sa carrière. Mais cela n’a pas duré:

«Passé ce moment de vide, j’ai vite décidé de continuer. Je ne peux pas arrêter après ce qui vient de m’arriver. J’en fais un défi personnel. Arrêter, c’est comme reconnaître l’accusation qui est portée contre moi, alors que je suis innocente. C’est pour cela que je veux me battre pour montrer que ce qui m’a été injecté l’a été à mon insu.»

Quant à ses relations avec son ancien entraîneur, elle les décrit comme «houleuses». Cependant, elle affirme ne pas lui a en vouloir:

«Je ne peux pas lui en vouloir, s’il ne savait pas ce qui s’était passé. Il a affirmé qu’il ne m’avait injecté que des amino plasma qui sont des acides aminés. A un moment donné, quand j’ai tenté de comprendre ce qu’il m’arrivait, j’ai, je l’avoue, pensé qu’on m’avait injecté à mon insu un produit pour me rendre plus performante. Mais comme Lotfi Bouraâda (décathlonien entraîné également par Mahour Bacha, ndlr) fut lui aussi contrôlé positif au même produit, cela démontre qu’il y a eu soit une contamination du produit, soit une main étrangère qui avait rajouté le Stanozolol dans l’injection.»

L’athlète ne connaît pas encore la durée de la suspension dont elle va écoper mais pense qu’elle sera d’un à deux ans.

Mais, assure-t-elle, elle a «déjà élaboré un programme pour cette période».

Un entraînement prolongé forcé qui lui permettra, peut-être, de rebondir un peu plus tard.

Lu sur El Watan.

 

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