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Mali - Ces femmes qui mettent en déroute militaires et policiers

Aux abords du camp de parachutistes de Djicoroni, à Bamako, les cailloux qui jonchent le sol témoignent encore d’un combat épique, rapporte le quotidien malien Le Prétoire.

Le 1er août 2012, la caserne militaire qui abrite les bérets rouges et leurs familles a été le théâtre d’un affrontement surprenant entre les femmes de ces commandos parachutistes et des autres éléments de l'armée de terre et des policiers.

«Les policiers sont venus dans notre camp pour arrêter un adjudant-chef. Lorsque sa femme leur a fait savoir que son époux n'est pas sur place, ils se sont mis à sa recherche. Entre-temps, tous nos maris qui étaient présents dans le camp ont fui.

Face à cette situation nos enfants et nous-mêmes avons décidé de riposter, en jetant des pierres. Plus jamais d'arrestation chez nous», a confié une des épouses des bérets rouges à Xihnua.

La veille déjà, des éléments des bérets verts avaient enlevé un béret rouge derrière le camp militaire après l’avoir copieusement molesté.

Cette arrestation avait constitué l’enlèvement de trop pour les épouses de militaires qui avaient déjà manifesté à Bamako, le 16 juillet 2012, pour réclamer la libération de leurs maris.

Ces derniers ont été massivement arrêtés après l’échec de la tentative de contre-putsch de ce corps armé resté fidèle à Amadou Toumani Touré, l'ancien président, déposé le 22 mars 2012.

De temps à autre, des éléments qui ont échappé au coup de filet sont mis aux arrêts par l’ex-junte au pouvoir.

Alors quand des bérets verts se sont présentés dans le camp pour procéder à une nouvelle arrestation, les femmes ont décidé de ne pas se laisser faire.

Après avoir repoussé ces derniers à coups de pierre et même manqué de capturer l'un d’entre eux, elles ont affronté les renforts du Groupement mobile de sécurité.

«Pour nous empêcher de riposter, les policiers ont jeté des gaz lacrymogènes sur nous. Pour nous défendre, nos enfants et nous-mêmes avons jeté des pierres», raconte la même femme.

Une «résistance» inattendue qui a contraint les policiers à battre en retraite, «non sans faire des tirs de sommation, atteignant au passage un des éléments de la garde nationale (nouveaux gardiens du camp qui se sont interposés pacifiquement), blessé au genou. Il a été transporté à l’hôpital.»

Lu sur Le Prétoire, Xinhua

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