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Les oubliés de la révolution égyptienne

Ils ont voulu faire la révolution, certains en payent le prix. Le journal égyptien Ahram Online est parti à la rencontre de ceux qui ont libéré leur pays et qui, aujourd’hui, sont laissés pour compte, handicapés, sans emploi; et de ces familles de martyrs qui peinent à joindre les deux bouts.

Pour eux, comme pour tous les Egyptiens, la chute d’Hosni Moubarak survenue le 11 février 2011 est alors porteuse d’espoir. Elle annonce une amélioration des conditions de vie après trente ans sous le même régime autoritaire. D'ailleurs, les martyrs et les blessés de la place Tahrir sont ceux à qui l’on rend hommage à tous les coins de rues du Caire, la capitale égyptienne.

Sauf qu’une fois l’enthousiasme révolutionnaire passé, le retour à la réalité est plus dur encore pour ces «héros». Aucune mesure n’est prise pour soulager la peine des familles des victimes et celles des blessés. Pire, ils souffrent «de voir les meurtriers de leurs enfants se promener en liberté», explique Ahram Online, selon qui seule une poignée de responsable est en procès.

Alors le ras-le-bol est de retour sur la place Tahrir. Comme le souligne Al-Jazeera, le 29 juin 2011, «jour de colère des martyrs», était destiné à réclamer le jugement des meurtriers:

«Aussi longtemps que ces gens seront libres, c’est comme si mon fils mourait tous les jours devant mes yeux», se désole Tafida Ramadan, dont le fils a succombé à ses blessures après avoir reçu une balle dans la tête.

D'autant que la perte d’un enfant prive la plupart des familles de leur principale source de revenu. Les blessés quant à eux doivent s’en remettre aux ONG pour obtenir des aides.

«C’est tellement triste. Je me sens comme humilié d’avoir participé à cette révolution», explique Mohamed. Blessé, sa convalescence lui a fait perdre son emploi. Il a aussi dû déménager.

Une Association des Martyrs et des Héros de la Révolution a été créée pour demander au gouvernement des pensions, des soins gratuits, ou encore une aide à l’emploi. D’autre part, un appel à manifester le 8 juillet 2011 a été lancé par le groupe Facebook «Deuxième révolution de la colère», rapporte Jeune Afrique.

Lu sur Ahram Online, Jeune Afrique