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Les Maliennes, bientôt victimes du même sort que les Afghanes?

Coup de gueule de Patricia Lalonde —directrice de l’ONG Mewa et spécialiste de l’Afghanistan— face à la situation au Mali.

La patronne de cette ONG de défense des droits des femmes et de la promotion de l'éducation tire la sonnette d’alarme sur le site du Huffington Post au sujet de la situation précaire des femmes maliennes qui est, selon elle, comparable à celle des Afghanes:

«Les talibans d’Afrique (…) font subir au peuple du Nord-Mali et tout particulièrement aux femmes, les mêmes sévices, et imposent les mêmes restrictions que leurs frères d’Afghanistan.

Ces groupes extrémistes fondamentalistes sont en train d’infiltrer la population, obligeant les très jeunes filles à se marier avec les combattants. Ils obligent les femmes à porter le voile et punissent de coups de fouet devant la population celles qui s’y refusent.»

La lapidation publique d’un jeune couple malien le 29 juillet 2012 au motif qu’ils étaient non mariés montre une escalade des plus inquiétantes vers une violence aveugle.

En Afghanistan, les exécutions publiques de femmes coupables d’adultère sont monnaie courante:

«Une jeune femme a été également exécutée dans la province de Parwan, près de Kaboul par son mari de douze coups de fusil devant une foule de villageois, parce qu'elle avait commis un adultère. 10 femmes ont été ainsi assassinées dans cette même province par les talibans cette année.»

Même si Ben Laden n’est plus, la dynamique terroriste initiée en Afghanistan s’est étendue, et l’on assiste aujourd’hui à l’émergence de véritables «talibans d’Afrique».

Au-delà du Mali, Patricia Lalonde se montre inquiète pour d’autres pays d’Afrique du Nord, notamment l’Egypte, la Tunisie ou la Libye.

Passées les révolutions, les partis politiques extrémistes tentent d’y imposer certaines lois (inscription de la charia dans la constitution, légalisation de l’excision sur les petites filles, …) allant à l’encontre des droits des femmes, de leur dignité.

Elle conclut sa tribune ainsi:

«Que les nouveaux dirigeants arabes fassent la démonstration que l'islam et la démocratie sont compatibles et que jamais les femmes de leur pays ne connaîtront le sort des Afghanes hier et des Maliennes aujourd'hui. Redoublons de vigilance, accompagnons ces femmes, aidons les à garder tous leurs droits et leur dignité.

Ainsi seulement, les révolutions du printemps arabe auront été utiles.»

Lu sur Le Huffington Post

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