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Femmes de rue, un film raciste envers les immigrés à Bruxelles? (VIDEO)

Il s’agit d’une vidéo qui fait le buzz sur Internet, mais qui
suscite aussi la polémique. Deux aspects sur lesquels revient Le Monde.

Une étudiante en dernière année de cinéma, Sofie Peeters, ulcérée
par la multiplication des propos sexistes à son encontre, a décidé de filmer ces scènes de machisme ordinaire. Munie d’une caméra cachée, la jeune femme a
arpenté les rues de Bruxelles, capitale belge. Le tout, compilé dans un film
intitulé Femmes de rue. Le résultat est édifiant.

Ce film, qui n’est au départ qu’un simple projet de fin d’études,
suscite d’importants remous en Belgique. Au cœur du débat, le sexisme et la
place de la femme dans la société belge.

Mais un autre aspect du film fait polémique.

«Certains y ont vu un
aspect raciste. La plupart des séquences sont en effet tournées dans un
quartier de Bruxelles où vivent en majorité des Maghrébins
», explique le
quotidien français le Monde.

La jeune réalisatrice s’en explique dans un entretien au site Internet belge 7 sur 7:

«C'était l'une de mes
grandes craintes, comment traiter cette thématique sans tourner un film
raciste? Car c'est une réalité: quand on se promène à Bruxelles, 9 fois sur 10,
ces insultes sont proférées par un allochtone
(étranger). Mais ces personnes ne sont pas
représentatives de toute la communauté maghrébine.»

Les accusations de racisme prenant de l’ampleur, la jeune
femme cinéaste tente de s’en défendre, sur le site d’information 7 sur 7:

«Mon constat porte
plus sur la condition sociale des individus que sur leur origine ethnique: s'il
y a une forte proportion d'étrangers parmi les garçons qui me font des
remarques, c'est parce qu'il y a aussi une forte proportion d'étrangers parmi
les populations fragilisées.»

Mais Sofie Peeters a beau s’en défendre, certains musulmans crient à la stigmatisation. C’est en tout cas ce qu’affirme
à 7 sur 7 Taoufik Amzile, responsable de l'association belge des professionnels
musulmans:

«Ce type de
comportement dépend de beaucoup trop de facteurs pour simplement le réduire à
une question d'origine. Je ne pense pas qu'il existe de déterminisme à ce
niveau-là.»
Extrait vidéo de Femmes de rue 

Lu sur Le Monde, 7 sur 7A lire aussiL'irreductible fascisme du gauloisLe cinéma africain tisse ses toiles