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Le Kenya, nouvel Eldorado de la mafia italienne

L’on connaissait l’immigration de familles de la mafia italienne vers les Etats-Unis au début du XXe siècle. L’on connaît moins l’exil des mafieux italiens vers le Kenya pendant les années 80.

Un article publié sur le site de The Atlantic nous en dit plus:

«L’afflux des premiers Italiens à Malindi (Kenya) date des années 1980. Ils sont arrivés au début de l’âge d’or de l’immobilier, et le boom des constructions a eu lieu une décennie plus tard. Plusieurs centaines d’Italiens vivent actuellement à l’année dans les palaces, les villas et les lotissements autour de la ville.»

Roberto Macri est responsable du consulat italien au Kenya. Réservé sur le rôle de la communauté italienne de Malindi dans la conduite d'activités illicites, il explique pourquoi d'après lui autant d’Italiens viennent s’installer au Kenya, notamment à Malindi, qui regroupe la plus importante diaspora italienne du pays:

«L’origine de l’immigration italienne au Kenya est claire: les prix sont bas et le pays est beau. Ils pensent avoir trouvé leur Eden en Afrique. Financièrement, les rêves impossibles à matérialiser en Italie deviennent possibles au Kenya.»

Un câble de 2005 écrit par la diplomatie américaine et révélé par WikiLeaks (à retrouver en intégralité ici) voit les choses d’un autre œil:

«Certains des résidents italiens installés de longue date sont sans aucun doute impliqués dans le trafic de drogue, qui grimpe en flèche depuis quelques temps.»

L’emplacement où est situé la ville de Malindi est idéal pour tout commerce illicite de stupéfiants: les côtes sont peu surveillées, et c’est un point de ralliement entre les producteurs de drogue sud-américains et les marchés internationaux.

«Nous savons que Malindi est le point de passage du transport de l’héroïne vers les autres pays. Les Italiens sont impliqués», assure Pamau Mohamed, président de la Coalition de la communauté anti-drogues de la côte. Il poursuit:

«Il y a beaucoup de gens qui sont impliqués dans le trafic de drogue ici, mais personne ne peut en parler, c’est très risqué.»

Si aucune certitude n’existe quant à la connexion entre les activités criminelles du Kenya et des familles mafieuses italiennes, c’est bien parce qu’aucune enquête n’a officiellement été menée. Pourtant, nombreux sont ceux à s'accorder sur le rôle des familles mafieuses dans la forte hausse des trafics en tout genre. Ici aussi, l'omerta (la loi du silence) semble de rigueur.

Lu sur The Atlantic

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