SlateAfrique

mis à jour le

Mali - Des militaires proches de la junte accusés de sévices sexuels

Le coup d’Etat au Mali a donné lieu à de multiples exactions et violences. Amnesty international publie un nouveau rapport sur les violences qui ont eu lieu au lendemain du putsch de la junte contre le président Amadou Toumani Touré le 22 mars dernier.

Inquiète du sort de leurs maris, que certaines n’ont pas vu depuis trois mois, des femmes sont descendues dans la rue pour manifester à nouveau leur colère. Le 18 juillet dernier, elles étaient devant les portes de l’Assemblée nationale à Bamako.

L’organisation internationale fait effectivement état de graves violations des droits humains commises par des soldats fidèles à la junte militaire contre des militaires et des policiers impliqués dans un contre-coup d'État le 30 avril 2012.

«Dans les jours qui ont suivi cette tentative de contre-coup d'État, des dizaines de militaires et de policiers ont été arrêtés et conduits au camp militaire de Kati (à 20 kilomètres au nord de Bamako, la capitale). Ils y ont été détenus durant plus de 40 jours dans des conditions effroyables et soumis à des tortures et des sévices sexuels», rappelle Amnesty International.

Amnesty a récolté le témoignage d’un des détenus:

«Vers 2 heures du matin, la porte de notre cellule s'est ouverte. Nos geôliers sont restés devant la porte et ils ont commencé à lire une liste. Un à un, les militaires appelés sont sortis. Nous n'avons plus revu nos compagnons de cellule depuis cette date.»

Les prisonniers ont  également décrit les conditions «inhumaines» et «dégradantes» de détention dans le camp militaire de Kati où ils étaient retenus.

«Ils nous ont demandé d'avouer que nous voulions faire un coup d'État. Ils nous ont fait coucher sur le ventre, ils nous ont menottés les mains dans le dos et les ont liées à nos pieds. L'un des militaires a enfoncé un chiffon à l'aide d'un bâton dans nos bouches. On ne pouvait plus parler et encore moins crier. Ils ont éteint des cigarettes sur nos corps et l'un d'eux en a éteint une dans mon oreille gauche», confie l’un des détenus.

Les prisonniers ont même été victimes de sévices sexuels. Un policier raconte:

«Nous étions au nombre de quatre, ils nous ont demandés de nous déshabiller complètement, ils nous ont ordonnés de nous sodomiser mutuellement, autrement ils nous exécuteraient. (…) Durant l'acte, nos gardes hurlaient en nous demandant d'aller plus fort»

Lu sur Amnesty International

A lire aussi

Dossier Coup d'Etat Mali

Mali: les femmes des bérets rouges entrent dans la bataille

Mali: la mission impossible des bérets rouges