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Centre du Mali: le gouvernement annonce des renforts et un processus de désarmement

La présence militaire va être renforcée dans le centre du Mali et un programme de désarmement des milices d'autodéfense communautaires et des combattants jihadistes va y être lancé lundi, a annoncé le Premier ministre malien Soumeylou Boubeye Maïga.

Selon les experts, Bamako doit tirer profit de l'élimination le mois dernier du chef jihadiste Amadou Koufa pour reprendre pied dans cette région s'étendant jusqu'à la frontière avec le Burkina Faso, où plus de 500 civils ont été tués dans des affrontements intercommunautaires en 2018, selon l'ONU.

"Nous allons renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité dans la région afin qu'elles puissent notamment intervenir sur les cours d'eau", a déclaré samedi sur Twitter M. Maïga, sans donner de détails sur le nombre d'hommes ou le calendrier de leur déploiement.

Le chef du gouvernement, reconduit à son poste après la réélection en août du président Ibrahim Boubacar Keïta, a effectué vendredi et samedi sa première visite à Mopti, la capitale régionale, depuis l'annonce par Bamako et Paris de la mort d'Amadou Koufa, prédicateur peul à la tête d'un groupe lié à Al-Qaïda, dans une opération menée les 22-23 novembre par les troupes françaises de Barkhane.

"Avec l'ensemble des communautés, nous avons convenu du lancement du processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion, #DDR, dans la région de #Mopti. Il débutera dès ce lundi 24 décembre 2018", a ajouté M. Maïga, en soulignant que son gouvernement "ne combat aucune communauté mais qu'il se bat contre l'insécurité".

Depuis l'apparition il y a quatre ans dans le centre, du groupe d'Amadou Koufa, les violences se multiplient entre les Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant majoritairement l'agriculture. 

Les Peuls sont soupçonnés par les Bambaras et les Dogons d'être complices des jihadistes, tandis que les Peuls reprochent à l'armée de laisser faire, voire d'encourager, les actions des groupes de chasseurs traditionnels.

- "Hommes à grigris" -

Le "travail commence lundi", a assuré le président de la commission nationale DDR, Zahabi Ould Sidi Mohamed, qui accompagnait le Premier ministre à Mopti.

"Je vais commencer par les hommes à grigris", appellation désignant les amulettes des chasseurs traditionnels dogons, qui prétendent protéger leur communauté contre les groupes jihadistes recrutant majoritairement parmi les Peuls, a-t-il expliqué à la presse.

"Nous allons également nous intéresser aux jeunes qui veulent quitter les mouvements jihadistes. Ils sont dans des groupes qui ne sont porteurs d'aucun projet. C'est à nous de leur proposer des projets", a ajouté Zahabi Ould Sidi Mohamed.

Signé en 2015 par le gouvernement malien et des groupes soutenant l'ex-rébellion du nord du pays à dominante touareg, un accord de paix prévoyait un processus de cantonnement des combattants des groupes signataires en vue de leur intégration à la fonction publique, y compris au sein de forces armées, ou de leur "désarmement, démobilisation et réinsertion" (DDR) dans la vie civile. 

Dans les villes du nord (Gao, Kidal, Tombouctou), ce processus a commencé avec beaucoup de retard et ne concernait fin novembre que de 1.300 à 1.500 combattants. Son extension aux régions du centre avait déjà été plusieurs fois annoncée, sans effet concret.

Selon une enquête de l'ONU publiée la semaine dernière, les chasseurs dogons, lourdement armés, sont responsables notamment d'un massacre de 24 civils peuls fin juin. Human Rights Watch les accuse d'en avoir tué au moins 34 autres début décembre.

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