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Somalie: le bilan du double attentat de samedi passe

Le double attentat de samedi perpétré par les islamistes somaliens shebab à proximité du palais présidentiel de Mogadiscio a fait 20 morts, a indiqué dimanche la police, revoyant à la hausse un bilan précédent de sept morts.

"Le nombre de victimes est passé à 20 morts et plus de 40 blessés", a indiqué à l'AFP Ibrahim Mohamed, un responsable policier, précisant que "certaines des personnes blessées hier sont mortes à l'hôpital". "Des civils et des membres des forces de sécurité font partie des victimes".

Samedi, la télévision somalienne Universal TV, basée à Londres, avait confirmé que trois de ses collaborateurs étaient morts dans le double attentat, dont un journaliste possédant les nationalités somalienne et britannique, Awil Dahir.

Le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed, dit "Farmajo", a dénoncé dans un communiqué une "attaque lâche". "Nous continuerons à infliger des défaites aux terroristes afin de mener le peuple somalien à la stabilité et la prospérité", a-t-il promis.

Son Premier ministre Hassan Ali Khaire a, lui, rendu visite aux blessés dans les hôpitaux où ils ont été admis.

Samedi, un première voiture piégée avait explosé à un point de contrôle à côté du théâtre national, lui-même situé à quelque 500 mètres du palais présidentiel. L'explosion d'un deuxième véhicule piégé, plus puissante selon des témoins, a frappé un carrefour situé à proximité, quelques minutes plus tard.

Mohamed Abdullahi, un haut responsable de l'administration locale, a été légèrement blessé dans la première explosion. "Sept des membres de mon escorte sécuritaire et un chauffeur ont été tués", a-t-il toutefois dit. "Des telles attaques nous encouragent à redoubler d'effort dans la guerre contre les terroristes".

Le double attentat a été revendiqué par les islamistes shebab, affiliés à Al-Qaïda, qui ont indiqué samedi dans un communiqué avoir visé "un point de contrôle sécuritaire qui protégeait le palais présidentiel".

Chassés de Mogadiscio en 2011, les shebab ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides y compris dans la capitale, contre des objectifs gouvernementaux, sécuritaires ou civils.

Ils ont juré la perte du gouvernement somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 20.000 hommes de l'Amisom.

L'attentat le plus meurtrier de l'histoire de la Somalie avait été perpétré le 14 octobre 2017 et avait fait avec 512 morts dans le district de Hodan, un quartier commerçant très animé de Mogadiscio. Cet attentat n'avait pas été revendiqué, mais les autorités n'ont aucun doute que les shebab sont derrière cette attaque.

Les Etats-Unis, qui soutiennent la lutte contre les shebab, ont mené au moins 45 frappes aériennes contre ces derniers depuis le début de l'année. 

AFP

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